L'épuisement des Gazaouis face aux promesses de paix
1 octobre 2025
Loin des tractations diplomatiques et du nouveau plan de cessez-le-feu proposé par les Etats-Unis, la guerre se poursuit dans la bande de Gaza.
Ce mercredi (01.10), le ministre de la Défense israélien a lancé un dernier avertissement aux habitants de la ville de Gaza pour qu'ils fuient vers le sud, sous peine d'être "considérés comme des terroristes".
L'offensive israélienne sur la plus grande ville de l'enclave a entraîné un nouveau déplacement de masse de la population.
La route Al Rashid constitue la principale voie pour quitter la ville de Gaza en direction du sud de l'enclave palestinienne.
Des promesses non tenues
Sami Abu Shaban pousse sa voiture, qui vient de tomber en panne. Lui et les dix membres de sa famille ont été forcés de quitter leur quartier pour échapper aux bombardements israéliens. "On meurt ici... Pendant 30 kilomètres, j'ai tiré et poussé la voiture, explique-t-il. Le coût, rien que pour une batterie, est de 2 000, 3 000 dollars. Nous en avons assez des souffrances. Nous sommes épuisés. Je n'en peux vraiment plus".
Une autre famille déplacée a installé son campement juste à côté de la route. Une bâche sert d'abri planté dans la poussière et les gravats.
Suad Muqat, une Égyptienne mariée à un Palestinien, estime qu'il n'y a plus aucun endroit sûr à Gaza. Son fils a été tué pendant la guerre.
"Ils parlent beaucoup, dit-elle. Depuis le début de la guerre, ils nous promettent sans cesse une trêve pour le lendemain. Mais ce ne sont que des mensonges".
"Que nous reste-t-il ?"
Depuis le début du conflit, les images de la route Al Rashid, longeant la mer et bondée de voitures, de camions et de personnes qui traînent leurs affaires, témoignent des déplacements de masse de la population palestinienne.
Hadeel al-Farran, sa mère et ses frères et sœurs ont quitté Gaza-ville à pied. Leur père est mort pendant la guerre.
"La route est épuisante, explique-t-elle. Nous étions censés avoir un moyen de transport. On marche un peu, puis on fait une pause, et ainsi de suite. On quitte la ville, mais sans savoir si on pourra y retourner un jour".
Elle aussi ne veut plus de promesses vides. "Notre père est mort, que voulez-vous nous prendre de plus ? Que nous reste-t-il ?", demande Hadeel. Elle pense que la population est manipulée par les deux parties au conflit.
Selon les Nations unies, près de neuf Gazaouis sur dix ont été déplacés depuis le début de la guerre, et souvent à plusieurs reprises.