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HistoireGhana

Ghana : sur les traces de la traite transatlantique

04:14

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27 mars 2026

À Accra, le château de Christiansborg rappelle l’ampleur des crimes commis pendant la traite des esclaves. Le Ghana préserve ce lieu pour transmettre l’histoire de l’esclavage.

Le 25 mars, journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité ».

Un geste symbolique fort, qui résonne tout particulièrement au Ghana, l’un des pays où la mémoire de cette histoire douloureuse reste incarnée dans la pierre des anciens forts et châteaux côtiers.

Christiansborg, témoin des violences de la traite

À Accra, le château de Christiansborg rappelle durant les XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Construit par les Danois, il aurait vu partir plus de 100.000 esclaves vers les Antilles danoises.

Lors des visites guidées, la guide Emmanuella Mante décrit aux visiteurs les cachots insalubres où hommes et femmes étaient enfermés parfois pendant des mois. Les traces de sang découvertes par les Britanniques à leur arrivée, la chapelle située juste au-dessus du cachot des femmes ou encore l’histoire controversée d’Asameni, un Africain ayant participé à la traite, suscitent de vives discussions.

Si les visiteurs ghanéens se font plus nombreux lors des jours fériés, ce sont surtout des Afro-descendants de la diaspora — Jamaïcains notamment — qui viennent chercher ici des fragments de leur histoire.

Préserver les sites et raconter l’histoire occultée

Le Ghana compte 60 forts ou châteaux liés à la traite. Vingt-huit sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, mais beaucoup se dégradent sous l’effet de l’érosion et de la montée des eaux.

Le gouvernement a promis 22 millions de cédis (1,7 million d’euros) pour restaurer plusieurs sites historiques.

Pour Edmond Moukala, directeur pays de l’UNESCO, préserver ces lieux est indispensable pour comprendre « l’histoire occultée » de millions d’Africains et de membres de la diaspora. C’est un moyen, dit-il, de rendre hommage à leurs souffrances, mais aussi d’affirmer un engagement universel : « Plus jamais ça. »

Dans cette même logique, le Ghana a lancé en 2019 « l’année du retour », destinée à faciliter l’accès à la citoyenneté pour les Afro-descendants. Le programme fait référence à la « porte du non-retour », par laquelle les esclaves quittaient définitivement le continent.

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