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Global Witness accuse le Rwanda de contrebande minière

12 juin 2026

L'ONG Global Witness accuse le Rwanda de continuer à organiser la contrebande minière du coltan congolais. Les mineurs, eux, ne profitent pas de la richesse de ce commerce.

RDC | Des mineurs du Nord-Kivu (archive de 2025)
Les conditions de vie et de travail des populations dans les régions minières de RDC sont déplorablesImage : ZDF

L'ONG Global Witness accuse le Rwanda de continuer à organiser la contrebande minière du coltan congolais. Celui-ci provient essentiellement de la mine de Rubaya, dans l'est de la République démocratique du Congo, qui est contrôlée par les rebelles du M23. 

Près de 2 000 tonnes de coltan auraient ainsi été transportées illégalement vers le Rwanda.   

Rubaya, un trésor de minerais stratégiques dans l'est de la RDC

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Le coltan, transformé ensuite en tantale, devient intraçable et se retrouve dans la chaîne de production des composants électroniques utilisés par de grandes entreprises internationales.

Sur le terrain, les mineurs qui travaillent à Rubaya continuent de vivre dans des conditions dramatiques et ils ne profitent pas de la richesse de leur sous-sol.

15% du coltan mondial se trouve à Rubaya

Les provinces de l'est de la RDC regorgent d'importantes ressources minières stratégiques, parmi lesquelles le coltan, un minerai essentiel qui entre dans la fabrication de composants électroniques utilisés dans les smartphones, les ordinateurs et les véhicules électriques.

C'est dans la province du Nord-Kivu que se trouve la mine de Rubaya, qui produit au moins 15 % du coltan mondial. 

Dans son rapport, Global Witness soutient que cette mine est devenue une source de revenus majeure pour la guerre menée par la rébellion de l'AFC-M23, soutenue par le Rwanda, dans l'est de la RDC. 

Le M23 contrôle notamment la mine de Rubaya dans le Nord-KivuImage : Camille Laffont/AFP

Creuseur dans la zone depuis quatre ans, Muhindo est resté à Rubaya, malgré la situation sécuritaire, et il témoigne : 

"Chaque matin, à 6h, je me retrouve dans la mine pour creuser le coltan. Nous travaillons en coopérative et nous vendons à qui veut acheter. Nous n'avons pas besoin de savoir qui c'est, ou de quelle organisation il s'agit... Depuis plusieurs années, nous entendons parler des rapports sur les minerais du Congo. Mais tous ces rapports servent à quoi si notre vie quotidienne ne peut pas changer ? Car rien n'a changé."

Une pauvreté extrême 

Malgré les richesses minières dans la province du Nord-Kivu, les communautés installées dans les zones d'exploitation continuent de vivre dans une extrême pauvreté.

Mwanvuwa est une habitante du territoire de Mwenga. Elle déplore que les richesses soient accaparées par les autres : « Chez nous, la principale activité, c'est l'exploitation de l'or et du coltan, mais cela ne nous aide pas. Nous rendons les autres riches, mais nous restons pauvres, et ça nous fait mal », témoigne-t-elle.

Le dilemme des minerais critiques en Afrique

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Peu de traçabilité

Selon le rapport de Global Witness, les exportations de coltan du Rwanda ont plus que doublé ces trois dernières années.

Le coltan de conflit, en provenance de la RDC, est revendu à des fonderies en Chine ou au Kazakhstan, par le biais d'intermédiaires, où il est transformé en tantale, ce qui le rend difficilement traçable.

Ensuite, il est utilisé dans la production de condensateurs, essentiels pour les appareils électroniques de marques internationales telles que Microsoft, Apple, Amazon, Sony, Nvidia, LG Display, Vodafone, Ericsson et Toyota. 

Ce responsable d'une coopérative minière du Sud-Kivu, qui a requis l'anonymat, estime que le conflit en cours a rendu inopérants les mécanismes actuels de traçabilité des minerais :

« En période normale, on essaye de mettre tout en place : la police des mines, les services administratifs … pour que la traçabilité soit respectée. En cette période de guerre, il est impossible de parler de traçabilité. A titre d'exemple, les minerais qui sont exploités du côté de Luhihi, à Lomera, sont emballés dans des sacs et amenés immédiatement à travers le lac Kivu vers le Rwanda. Comment pouvez-vous faire la traçabilité des minerais qui sont amenés au Rwanda à partir du Congo. C'est impossible ! », s'insurge-t-il. 

Enfin, Global Witness regrette que les systèmes de traçabilité et de diligence raisonnables n'aient pas permis de briser le lien entre conflits et ressources naturelles.

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