La guerre en Iran perturbe le marché des roses importées

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Allongement des trajets, hausse des coûts de transport et baisse de la qualité fragilisent toute la chaîne d’approvisionnement des roses importées, jusqu’aux fleuristes de Bonn.
Des routes aériennes bouleversées et des coûts en hausse
Chez un grossiste de Bonn, deux roses symbolisent cette crise logistique : l’une venue du Kenya, l’autre de l’Équateur. Ces fleurs transitent habituellement par Dubaï avant d’être acheminées vers des aéroports européens comme Schiphol ou Francfort. Mais la guerre en Iran a fortement perturbé ces itinéraires, réduisant l’offre disponible sur les marchés de gros et faisant grimper les prix.
Le Kenya, l’un des plus grands producteurs mondiaux de fleurs coupées, exporte environ 70 % de sa production florale vers l’Europe, l’Allemagne figurant parmi ses principaux débouchés. Les roses représentent de loin le cœur de ces exportations. Or, la raréfaction du fret aérien et la flambée des prix du carburant affectent désormais leur acheminement.
Une qualité en baisse, des prix encore contenus pour les clients
Au-delà des coûts, la durée du transport pose un problème majeur : la fraîcheur. Les délais plus longs réduisent la durée de conservation des fleurs, avec un impact direct sur leur qualité à l’arrivée. Malgré cela, les consommateurs allemands n’ont pas encore constaté de hausse notable des prix en magasin.
Cette stabilité s’explique par le choix des grossistes d’absorber, pour l’instant, les surcoûts liés au transport. Une stratégie que le secteur juge toutefois difficilement tenable sur le long terme.
Selon les professionnels, les prix finiront par augmenter si l’offre reste limitée et la demande soutenue. En Équateur, les coûts ont déjà bondi de 23 à 30 % en raison du transport aérien.
Le Kenya n’est pas le seul pays touché. L’Éthiopie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, l’Ouganda ou encore la Tanzanie subissent eux aussi les conséquences indirectes du conflit.