1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW
PolitiqueMoyen-Orient

Washington durcit le ton face à Téhéran

6 mai 2026

Donald Trump a menacé ce mercredi de bombarder l’Iran si les dirigeants iraniens ne concluent pas un accord avec les États-Unis.

États-Unis 2026 | L'USS Michael Murphy lors d'un exercice de ravitaillement en mer
Les États-Unis ont déployé d'importants moyens militaires au Moyen-Orient dans la guerre contre l'IranImage : US Navy/AFP

Le président américain Donald Trump a proféré, ce mercredi, une nouvelle menace à l’encontre de l’Iran, évoquant des frappes d’une "intensité bien plus forte qu’avant" en cas d’échec des négociations en cours entre Washington et Téhéran

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison Blanche a conditionné la fin des opérations militaires américaines à un accord avec les autorités iraniennes. "Si l’Iran respecte ce qui a été convenu, l’opération “Fureur épique”, déjà entrée dans l’histoire, prendra fin ", a-t-il déclaré, avertissant toutefois que " les bombardements reprendront avec une intensité supérieure" en cas de refus. 

Timide reprise diplomatique 

Malgré ces menaces, des signes d’apaisement émergent sur le front diplomatique. Les États-Unis et le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, ont exprimé leur espoir de voir reprendre les discussions en vue d’un règlement durable du conflit au Moyen-Orient. 

Ce regain d’optimisme a été bien accueilli par les marchés financiers : les principales places boursières européennes ont progressé de plus de 2 %, tandis que les prix du pétrole ont chuté sous la barre des 100 dollars le baril. 

Donald Trump a menacé ce mercredi de bombarder l'Iran avec forceImage : Tom Williams/CQ Roll Call/Sipa USA/picture alliance

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions 

Au centre de la crise se trouve toujours le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport des hydrocarbures. Le contrôle exercé par l’Iran sur cette voie maritime essentielle a provoqué une forte hausse des prix du pétrole ces dernières semaines. 

Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez‑le‑feu, le 8 avril, le blocage du détroit se poursuit. En réponse, Washington a instauré un blocus des ports iraniens et lancé, le 4 mai, l’opération « Project Freedom », destinée à assurer la circulation des navires immobilisés dans le Golfe. 

Toutefois, face à ce qu’il a présenté comme des "progrès significatifs" dans les négociations, Donald Trump a annoncé la suspension temporaire de cette mission, afin de laisser une chance à un accord. Une pause décidée notamment à la demande d’Islamabad, a précisé le président américain, tout en maintenant les sanctions maritimes contre l’Iran. 

Vers un accord ? 

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, s’est montré prudemment optimiste, affirmant nourrir "de bons espoirs" quant à l’issue des pourparlers. 

Selon plusieurs sources proches du dossier, la Maison Blanche travaillerait actuellement à la finalisation d’un protocole d’accord succinct destiné à mettre fin au conflit et à ouvrir la voie à de nouvelles négociations, notamment sur le programme nucléaire iranien. 

Le site Axios estime que, "deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées". Les États-Unis attendraient des réponses de Téhéran dans les 48 prochaines heures.  

"L'accord verrait l'Iran s'engager à un moratoire sur l'enrichissement nucléaire, les États-Unis accepter de lever leurs sanctions et de débloquer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés, et les deux parties, de lever les restrictions entourant le transit par le détroit d'Ormuz", affirme le site d'information. 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dit attendre de la Chine qu'elle joue un rôle pour "l'après-guerre" au Moyen-OrientImage : Iranian Foreign Minister/Telegram/AP Photo/picture alliance

Dans ce contexte, Téhéran a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Abbas, en Chine, principal client de son pétrole. Lors de cette visite, le diplomate a évoqué les discussions en cours, insistant notamment sur la question du détroit d’Ormuz et la nécessité de respecter les droits de la République islamique. 

La Chine appelle à la désescalade 

Pékin, de son côté, a appelé à une cessation "complète" des hostilités et a exhorté les deux parties à rouvrir rapidement le détroit d’Ormuz. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a également réaffirmé le "droit légitime" de l’Iran à développer un programme nucléaire civil, un point central de discorde avec Washington. 

Les États-Unis et Israël continuent en effet d’accuser l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire. Une accusation catégoriquement rejetée par les autorités iraniennes. 

La visite d’Abbas Araghchi en Chine intervient enfin à quelques jours d’un déplacement de Donald Trump dans le pays, prévu les 14 et 15 mai, où il doit rencontrer le président Xi Jinping. 

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW