Accord USA/Iran : vers une paix durable ?
18 juin 2026
La signature était initialement prévue à Genève mais c'est finalement à distance qu'elle a été faite. Le protocole d'accord paraphé par le président américain Donald Trump et son homologue irannien Massoud Pezeshkian prévoit la cessation immédiate des hostilités et inclut le front libanais. Washington et Téhéran s'étaient mis d'accord cette semaine sur ce texte pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Réouverture du détroit d'Ormuz
Avec la signature de l'accord, l'une des actions les plus attendues est la réouverture du détroit d'Ormuz et la fin du blocus américain des ports iraniens selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale.
Ce dernier a par ailleurs indiqué qu'une cérémonie aurait bien lieu vendredi en Suisse pour "commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".
La question de l'uranium
Les Etats-Unis et l'Iran discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks d'uranium iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)".
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est dite prête à commencer à définir les "mesures concrètes" qui devront être prises, après la signature de l'accord.
En revanche, le programme balistique iranien, une inquiétude de longue date des Américains et de leurs alliés israéliens, n'est pas mentionné dans le texte de l'accord.
Un accord qui suscite l'espoir
Les Etats-Unis s'engagent, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.
Si des médias américains sont nombreux à dénoncer les "concessions" de Donald Trump à l'Iran, l'accord est toutefois source d'espoir.Les pays membres du G7, qui étaient réunis en France, ont salué dans une déclaration commune "une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques".
Outre la question de l'uranium, le texte du protocole d'accord prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a vanté un accord "historique". "La paix sera instaurée dans le respect mutuel", a déclaré le dirigeant sur les réseaux sociaux.
Plusieurs pays comme la Chine ont salué la signature de l'accord. Pékin a appelé les deux camps à des compromis dans la prochaine phase de leurs négociations. Selon Pékin cet accord "revêt une signification positive pour apaiser les tensions et renforcer la dynamique du cessez-le-feu".