1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

​ L'expulsion de Guinéens d'Allemagne irrite Conakry

27 février 2026

​Après l'expulsion de plusieurs Guinéens en situation irrégulière d'Allemagne, le chef de la diplomatie guinéenne ​a réclamé de mettre en pause ces expulsions.

Des réfugiés libyens attendent à la frontière tuniso-libyenne, le 20 avril 2011
Des réfugiés libyens attendent à la frontière tuniso-libyenne, le 20 avril 2011 Image : Basil Wegener/dpa/picture alliance

Ces derniers jours, plusieurs Guinéens en situation irrégulière en Allemagne ont été expulsés vers leur pays d'origine. Ce qui a suscité une irritation entre Berlin et Conakry. Le chef de la diplomatie guinéenne a convoqué, lundi (23.02), le chargé d'affaires de l'ambassade d'Allemagne pour demander des explications sur les conditions d'expulsions de ces Guinéens, conformément à un accord signé, en 2018, entre la Guinée et l'Allemagne.

L'interview d'Aïssatou Chérif Baldé

This browser does not support the audio element.

Selon le ministère allemand des Affaires étrangères, au total, 30 Guinéens, dont la demande d'asile a été rejetée, ont été expulsés vers leur pays, depuis le début de cette année, contre 20 durant toute l'année dernière.  

Demande d'explications et suspension des expulsions

Cette série d'expulsions est intervenue conformément à un accord signé, en 2018, entre Berlin et Conakry. Face au tollé suscité par cette situation, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a réclamé des explications à l’ambassade d’Allemagne en Guinée.  
Jeudi, au cours d'une conférence de presse, celui-ci a annoncé la mise en place d'une commission d’enquête bilatérale qui devra se pencher sur les conditions de ces expulsions.
Il a également annoncé un réexamen de l’accord signé avec l’Allemagne en matière de coopération migratoire et a réclamé de mettre en pause ces expulsions.  
Les autorités allemandes n'ont pas réagi pour l'heure et n’ont pas confirmé ces annonces.

"Le médecin après la mort"

​La réaction des autorités guinéennes​ n'a pas permis de calmer les esprits​.

 Au contraire, certains Guinéens, à l'image d'Aïssatou Chérif Baldé, présidente de l’ONG hambourgeoise Guinée-Solidaire, estime que les autorités guinéennes auraient dû demander le réexamen plus tôt de l'accord, avant sa prolongation tacite.

​Selon elle, "​l'accord continue depuis l'année dernière. Donc, ç'a été prorogé de façon tacite. Parce que c'est ce qui est prévu dans l'accord : au cas où l'une des parties signataires n'émet pas de réserves, six mois avant l'échéance de l'accord, il continue aussi de façon tacite pour cinq ans. En l'état actuel des choses, l'accord continue, jusqu'en 2029. Et l'Allemagne se base sur cet accord pour demander aux jeunes Guinéens, déboutés dans leur procédure de demande d’asile, de rentrer chez eux, c'est-à-dire de manière involontaire. C'est pourquoi, la réaction du gouvernement, c'est comme le médecin après la mort ".

​Des démarches auprès des autorités allemandes et guinéennes


L'ambassadrice allemande en Guinée a récemment affirmé, au cours d'une interview accordée à un média guinéen, qu'il "n'y a pas d'offensive" récente et ces expulsions de ressortissants guinéens en situation irrégulière se font dans le cadre d'accords avec la Guinée, et dans le cadre de la "souveraineté" de l'Allemagne.

Pour sa part, des démarches ont été entreprises auprès des autorités allemandes par le Conseil des Guinéens établis en Allemagne. Djemory Kouyaté en est le président.

​Ces dernières années, la Guinée est devenue l'un des principaux pays africains d'origine des jeunes migrants en route vers le Maghreb et l'Europe clandestinement, à la recherche d'un avenir meilleur.

Selon un document datant de 2021 de l'Organisation internationale pour les migrations, "la diaspora guinéenne est estimée entre trois et cinq millions" de personnes, vivant principalement en Afrique de l'Ouest et en Europe (France, Allemagne, Belgique). 

Réaction de Djemory Kouyaté

This browser does not support the audio element.

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW