Guinée : des législatives en février 2020
11 novembre 2019L'annonce faite par la commission électorale nationale indépendante survient dans un contexte marqué par une crise politique née, des velléités du président Alpha Condé de faire adopter une nouvelle Constitution, à l’effet de pouvoir briguer, en 2020, un nouveau mandat.
Les velléités du chef d'Etat ont éclipsé la tenue des élections législatives, dont la nouvelle date convient à la majorité présidentielle.
"Pour nous, nous ne faisons que prendre acte de cette nouvelle date. La Céni doit donc prendre toutes les dispositions pour faire en sorte que cette date soit respectée. Mais nus nous réjouissons quand même parce qu’il faut rapidement aller à ses élections pour renouveler l’Assemblée nationale. Mais surtout, notre souhait, c’est de faire en sorte qu’on ait des élections propres, inclusives et transparentes", a déclaré à la DW Souleymane Keita, l’un des conseillersdu président Alpha Condé.
Trois élections en 2020, c’est trop
En plus des élections législatives, les Guinéens pourraient être appelés à se prononcer sur l’éventualité d’un troisième mandat du président Alpha Condé. Avant l’élection présidentielle d’octobre 2020, précédée des législatives de février de la même année. Ça fera beaucoup, déplore, l’ancien Premier ministre Sidya Touré, qui préside l’Union des forces Républicaines, l’UFR.
"Nous voulons savoir comment en Guinée, au cours de l’année 2020, on va organiser les élections législatives, si Alpha (le président Alpha Condé, ndlr) n’a pas oublié son referendum. Nous nous battrons là-dessus. Ensuite, il faudrait organiser l’élection présidentielle", s'interroge l’opposant, qui était jusqu’à début décembre 2018, Haut représentant du président Alpha Condé.
Une date attendue
L’annonce de la nouvelle date des élections législatives en Guinée est diversement appréciée par les Guinéens.
Selon l’enseignant Mamadou sidy Dial, "c’est une bonne chose parce qu’on courrait derrière cette date depuis toujours. C’est de reports en reports. Je crois que ce n’est pas très sage de dire qu’ils ne pourront pas faire. C’est en février 2020. Il faut qu’on y croit."
En septembre dernier, le même président de la commission électorale nationale indépendante avait proposé la date du 28 décembre pour la tenue des élections législatives. Mais l'opposition avaient jugé cette proposition irréaliste. L'Organisation internationale de la francophonie avait conclu que la date du 28 décembre était "à reconsidérer".
Le président Alpha Condé a 70 jours pour confirmer ou non cette nouvelle date publiée par la Céni.
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