La Guinée, le Liberia et la Sierra prônent le "dialogue"
17 mars 2026
Les présidents guinéen, Sierra Léonais et libérien étaient réunis hier à Conakry pour un sommet tripartite consacré aux tensions frontalières apparues ces dernières semaines dans la zone commune aux trois pays.Ces dernières semaines, plusieurs incidents ont été signalés le long de la frontière entre la Guinée et le Liberia, notamment autour du fleuve Makona. Ces incidents auraient provoqué, selon le gouvernement libérien, des affrontements entre des civils libériens et des soldats guinéens.
C'est pour apaiser les tensions que Conakry a donc accueilli un sommet tripartite réunissant les chefs d’État guinéen, libérien et sierra-léonais, avec l’objectif de privilégier le dialogue et la coopération régionale.
À l’issue de cette rencontre, les chefs d’État ont réaffirmé leur engagement à privilégier le dialogue, préserver la stabilité dans les zones frontalières et renforcer les mécanismes de concertation entre leurs gouvernements.
Le ministre guinéen des affaires étrangères, affirme que "les partis se sont engagés en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement au sein de l'Union du fleuve Mano. Ils ont réitéré leur volonté de résoudre les différends frontaliers entre les États-membres de cette organisation par des règlements diplomatiques conformément à l'article 33 de la Charte des Nations-unies".
Création d'une commission mixte
Les trois pays ont également annoncé la création de commissions conjointes techniques pour "examiner les questions de délimitation et de gestion des frontières".
Pour l’opposant guinéen, Faya Lansana Millimouno, président du Bloc Libéral, la priorité reste la préservation de la paix entre ces pays voisins, liés par l’histoire et des relations humaines très fortes.
"Entre la Guinée et le Liberia, nous avons tous en commun. D'abord, c'est le même peuple. Le Liberia et la Guinée partagent les groupes ethniques Guelleh, Manon, Konon, Thomas, Kissi. Donc, c'est les mêmes peuples qui ont été séparés entre deux pays. Certains sont répartis entre trois pays parce que les Kissi sont à la fois au Liberia en Sierra Leone et en Guinée. Donc, ce sont des peuples qui ont tout en commun, la langue, la culture, la civilisation, les relations économiques sont étroites, ils partagent tout ensemble. Donc la paix entre des pays de ce genre, ce n'est pas une option, c'est une nécessité".
Éviter une escalade
Selon N’faly Guilavogui, analyste politique guinéen, ce sommet intervient à un moment crucial pour éviter toute escalade et renforcer les mécanismes de règlement pacifique des différends dans la sous-région.
"Le différend frontalier guinéo-libérien se présente comme une tension frontalière maîtrisée et non comme un conflit armé ouvert entre les deux États. Les incidents récents sur l'axe Guéckédou-Lofa, notamment autour du fleuve Makona, traduisent des tensions localisées amplifiées par la diffusion d'images et d'informations sur les réseaux sociaux ces derniers temps. Ces incidents, bien qu'ils ne dégénèrent pas en affrontement structuré, révèlent l'importance stratégique et symbolique de cette zone pour les deux états".
Les trois pays appartiennent à l’espace de l'Union du Fleuve Mano (UFM) , une organisation qui vise notamment à renforcer la coopération sécuritaire et économique dans la zone frontalière.