Ce pays habitué aux turbulences politiques et il voit de nouveau son processus démocratique brutalement interrompu.
Les jours incertains commencent pour les populations dans un pays habitué à des coups de force militaires. Image : Patrick Meinhardt/AFP
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L'analyste politique sénégalais Mamadou Albert Sy revient ici sur les conséquences pour la stabilité, l'économie et la société bissau-guinéenne des événements des dernières 24 heures. Et surtout sur l'avenir qui se dessine dans le pays.
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L'opposant bissau-guinéen Fernando Dias a affirmé jeudi (27.11.25) à l'AFP avoir remporté l'élection présidentielle du 23 novembre et accuse le président sortant Umaro Sissoco Embalo d'avoir "organisé" le coup d'Etat qui a suspendu le processus électoral la veille et porté des militaires au pouvoir.
"Je suis le président (élu) de Guinée-Bissau", a déclaré par téléphone M. Dias qui dit être "en sécurité" et se cacher dans le pays. Le principal opposant bissau-guinéen, Domingos Simoes Pereira, qui avait été écarté de l'élection et a ensuite soutenu M. Dias, a été arrêté mercredi après-midi après la prise de pouvoir par les militaires.
L'opposant raconte avoir pu s'échapper mercredi après que des hommes armés sont arrivés à son siège de campagne à Bissau pour l'arrêter.
"Il n'y a pas de coup d'État en Guinée-Bissau", affirme M. Dias qui prétend que le putsch a été "organisé par M. Embalo" pour l'empêcher d'accéder au pouvoir.
Selon lui, il gagnerait les élections avec environ 52% des voix, sans être définitif sur ce chiffre. La Guinée-Bissau était dans l'attente des résultats des élections présidentielle et législatives lorsque des militaires ont annoncé mercredi prendre le pouvoir dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'Etat et suspendre le processus électoral.
Depuis, le président sortant Embalo est détenu par les militaires mais il a pu joindre par téléphone des médias internationaux dans les heures qui ont suivi le
En Afrique, dix coups d’Etat en cinq ans
Après Mali, Guinée, Soudan, Burkina, Niger, Madagascar : le coup d'Etat en Guinée-Bissau est le dixième putsch en Afrique depuis 2020.
Image : Patrick Meinhardt/AFP
Mali : deux coups d'Etat en neuf mois
Le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta est renversé par des colonels. Un officier à la retraite est nommé président de la transition. Mais le 24 mai 2021, les militaires arrêtent le président de la transition et le Premier ministre. Leur chef, Assimi Goïta, est investi comme président de transition. Une loi de juillet 2025 lui accorde un mandat de cinq ans renouvelable sans élection.
Image : AP Photo/picture alliance
Guinée-Conakry
Le 5 septembre 2021, le président Alpha Condé est renversé par un coup d'Etat militaire. Le 1er octobre suivant, le colonel Mamadi Doumbouya devient président et promet initialement de rendre le pouvoir à des civils. Mais le désormais général vient de déposer sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour le 28 décembre prochain, qui doit permettre de rétablir l'ordre constitutionnel.
Le 25 octobre 2021, des militaires menés par le général Abdel Fattah al-Burhane chassent les dirigeants civils de transition, en place après 30 ans de dictature d'Omar el-Béchir, lui-même destitué en 2019. Depuis le 15 avril 2023, une guerre due à une lutte de pouvoir entre le général Burhane et son ancien second Mohamed Hamdane Daglo, chef des paramilitaires, ravage le pays.
Image : Mahmoud Hjaj/AA/picture alliance
Burkina Faso : deux putschs en huit mois
Le 24 janvier 2022, le président Roch Marc Christian Kaboré est chassé du pouvoir par des militaires, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est investi président en février. Le 30 septembre suivant, Damiba est à son tour renversé par des militaires, le capitaine Ibrahim Traoré devient président de transition. En mai 2024, la junte l'autorise à rester cinq ans de plus à la tête du pays.
Image : Stanislav Krasilnikov/RIA Novosti/Anadolu/picture alliance
Niger
Le 26 juillet 2023, des militaires renversent le président Mohamed Bazoum. Le général Abdourahamane Tiani devient le nouvel homme fort du pays. En mars 2025, la junte prolonge de cinq ans au minimum sa transition à la tête de ce pays.
Image : Boureima Hama/AFP
Gabon
Au Gabon, pays d'Afrique centrale dirigé depuis plus de 55 ans par la famille Bongo, des militaires renversent le 30 août 2023 Ali Bongo Ondimba, moins d'une heure après la proclamation de sa réélection lors d'un scrutin contesté. Le général Brice Oligui Nguema est investi président de transition. En avril 2025, il est élu président avec 94,85% des voix.
Image : AFP/Getty Images
Madagascar
A Madagascar, une unité militaire se rallie en octobre 2025 au mouvement de contestation initié par les jeunes de la génération Z, qui secoue l'île, et renverse le président Andry Rajoelina. Le colonel Michaël Randrianirina est investi président et promet des élections d'ici 18 à 24 mois.
Image : Brian Inganga/AP Photo/picture alliance
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La nouvelle junte a annoncé jeudi la nomination du général Horta N'Tam comme président de la transition.