Guinée : les fosses communes hantent le pouvoir guinéen
31 août 2026
À l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, dont le thème, cette année, est « Les victimes d'abord. L'action maintenant », nous revenons sur une question qui continue de hanter la Guinée : celle des enlèvements et des disparitions d'opposants, d'acteurs de la société civile et de journalistes.
Parmi les cas les plus emblématiques figurent ceux d’Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, et de Mamadou Billo Bah, deux figures du mouvement citoyen, ainsi que celui du journaliste Habib Marouane Camara ; tous portés disparus depuis leur enlèvement.
Des affaires qui suscitent l'inquiétude des organisations de défense des droits humains, mais surtout la détresse des familles toujours en quête de vérité.
Des corps ligotés, les yeux bandés
Cette attente douloureuse a été ravivée par la découverte récente de six corps, portant des traces de torture, dans une fosse commune à Sabakouré, dans la préfecture de Forécariah.
Une zone qui abrite le camp des Forces spéciales, au cœur de nombreuses interrogations depuis l'arrivée au pouvoir par la force du général Mamadi Doumbouya, en septembre 2021.
De nombreuses questions
Cette découverte pourrait-elle permettre d'élucider certaines disparitions ? Qui sont les victimes retrouvées dans cette fosse commune ? Et comment les familles des disparus vivent-elles cette nouvelle révélation ?
Autant de questions que soulève Valérie Masumbuko, auteure de l'ouvrage L'Esprit de Soweto sur la route Le Prince de Conakry. Elle explore les racines historiques de la violence politique en Guinée.
Le collectif "Tournons la page-Guinée" (TLP-Guinée), un mouvement citoyen, a réclamé la lumière sur les six corps retrouvés.
L'organisation "exige" que l'enquête ouverte par le parquet de Forécariah soit "indépendante, transparente et crédible".
Elle appelle l'Onu, Amnesty, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l'homme et les ambassades en Guinée "à soutenir les efforts des autorités compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ce drame".