À Conakry, un éboulement fait de nombreuses victimes
24 août 2026
Le drame survenu dans la nuit de samedi à dimanche, dans le quartier de Dar es Salam, dans la commune de Gbessia, a eu lieu après de fortes pluies, explique le gouvernement guinéen dans un communiqué. Il a "provoqué l'effondrement de plusieurs habitations" et fait, outre trente morts, "six blessés graves et seize blessés légers".
Le gouvernement affirme que "d'importants moyens matériels et humains ont été mobilisés pour rechercher d'éventuelles personnes encore ensevelies, secourir les victimes et procéder au dégagement des corps". Ces opérations "se poursuivent".
Une montagne d'ordures s'écroule
"Ici, nous sommes à la décharge de Dar es Salam", explique une victime de l'éboulement au micro de notre correspondant à Conakry, Abdoulaye Sadio Diallo.
"C'est la montagne d'ordures qui s'est écroulée sur nos maisons. Moi, j'habite dans ce bâtiment, au premier étage. Il y a eu un premier éboulement. Nous avons entendu nos voisins sierra-léonais pleurer. Ma femme et moi sommes sortis pour voir ce qui se passait.
Juste après, il y a eu un deuxième éboulement. Les ordures m'ont violemment projeté et je suis sorti par les tôles que vous voyez ici. C'est à ce moment que les habitants ont commencé à crier car cette fois-ci la décharge avait recouvert de nombreuses habitations. Heureusement ma femme et mon bébé ont été sauvés.
Il reste seulement une fille piégée dans notre maison. Dans le voisinage, de nombreuses personnes sont encore ensevelies sous les ordures, à l'intérieur de leur maison. Devant, là où vous voyez le véhicule, un jeune homme et son grand-frère sont actuellement coincés."
Risques persistants
Présent sur les lieux du drame dans la journée de dimanche, Alhousseny Makanera Kaké, député à l'Assemblée nationale guinéenne, a insisté sur l'urgence d'évacuer les habitants encore installés dans les zones exposées :
"Il y a eu vraiment une véritable désolation. Je profite de votre micro pour adresser mes condoléances aux familles éprouvées. D'abord, la population doit accepter de collaborer. Donc d'une part, nous lançons un appel à toute la Guinée, tous ceux qui peuvent conseiller les gens à quitter de les conseiller et surtout les principaux concernés. Mais ensuite au gouvernement d'utiliser la force publique pour faire respecter cette décision qui sauve la population".
Réactions politiques
Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, s'est rendu sur le site du drame. Les dispositions sont prises "pour assurer la prise en charge médicale des blessés" et "l'assistance aux personnes affectées par ce drame", a-t-il assuré. Quant à l'opposant et ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, en exil à l'étranger, il a évoqué sur sa page Facebook "une tragédie qui nous plonge dans la consternation" et a réclamé que les "circonstances" ayant "conduit à cette catastrophe" soient rapidement établies.
Ces derniers jours, le gouvernement avait annoncé des opérations d'expulsions et de sécurisation autour de la décharge, à cause des risques d'éboulement.