Guinée-Bissau : lendemain incertain après le putsch
27 novembre 2025
La Guinée-Bissau s'est réveillée dans un climat d'incertitude ce jeudi 27 novembre après un coup d'État. En effet, l'armée a annoncé, mercredi 26 novembre, avoir pris « le contrôle total du pays », arrêté le président Umaro Sissoko Embalo et suspendu le processus électoral. Trois jours seulement après l'élection présidentielle et des législatives de dimanche dernier.
Arrestations et couvre-feu
Lors d'une déclaration lue à l'état-major général des forces armées, le général Denis N'Canha à la tête du bureau militaire de la présidence a indiqué que l'armée a décidé de suspendre le processus électoral, fermer les frontières et instaurer un couvre-feu de 19 h à 6 h du matin. L'armée est désormais présente dans plusieurs endroits stratégiques de la capitale. La nuit a été calme mais l'ambiance habituelle dans les rues de Bissau n'était pas au rendez vous.
Peu avant cette annonce des militaires, des tirs nourris avaient retenti près du palais présidentiel, de l'hôtel de l'intérieur et autour du siège de la commission électorale.
Des soldats en treillis ont investi les accès stratégiques de la capitale, provoquant panique et déplacement temporaire de civils.
Le président sortant, Umrao Sissoko Embalo, a été arrêté dans son bureau au palais présidentiel, ainsi que plusieurs hauts responsables militaires et civils dont le chef d'état-major général, son adjoint et le ministre de l'Intérieur, selon les sources.
Un nouveau tournant
Ce putsch marque un nouveau tournant dramatique pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, déjà habitué aux coups d'État. L'armée justifie son assaut par la nécessité de « rétablir l'ordre » face à ce qu'elle décrit comme une tentative de manipulation des résultats électoraux.
Des accusations jusqu'à présent non étayées de preuves. Bissau s'est donc réveillé ce jeudi matin avec des interrogations.Mais, beaucoup de Bissau-guinéens estiment que le coup d'État est une mise en scène orchestrée par Embalo comme il en a l'habitude.
Une information non encore confirmée, puisque lui-même détenu par le nouvel homme fort du pays ainsi que les principaux opposants.
Dans les rues de Bissau, règnent la peur, le silence et l'attente. La population craint des représailles, des violences ou un effondrement de l'État. Dans une déclaration, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest regrette la tournure des évènements, alors qu'elle avait apprécié le bon déroulement du scrutin.L'enjeu est désormais monumental : restaurer la confiance, garantir la sécurité, et tenter un retour à l'ordre constitutionnel, une tâche ardue dans un pays marqué par l'instabilité. Au-delà, c'est l'avenir de la démocratie bissau-guinéenne qui se joue.