L'IA favorise la cybercriminalité en Afrique (Interpol)
6 août 2026
Interpol révèle, dans son rapport d’évaluation des cybermenaces en Afrique, en 2026, que 55 % des cybercrimes signalés sur le continent impliquent désormais l’utilisation de l’intelligence artificielle. Son utilisation rend les attaques plus rapides, plus étendues et plus difficiles à détecter.
Le rapport est établi à partir des données de 36 pays africains et le Togo n'échappe pas à cette menace, avec la multiplication des faux agents Mobile Money, des fausses offres de bourses et d'autres arnaques en ligne.
Les cyberarnaques sont devenues légion
Un appel inattendu. Un message WhatsApp. Ou encore une publication sur les réseaux sociaux qui promet une opportunité exceptionnelle.
Au Togo, les “cyberarnaques” prennent plusieurs formes. Les plus courantes visent les utilisateurs des services Mobile Money. Les fraudeurs se font passer pour des agents ou pour un service client.
Ils évoquent un transfert effectué par erreur ou une opération à annuler. Leur objectif est toujours le même : voler leur interlocuteur.
D'autres pièges circulent sur internet. De faux cadeaux, des subventions publiques imaginaires, des offres d'emploi ou de bourses.
Denis est étudiant et il a failli se faire arnaquer. Il raconte : "La personne m'a contacté et m'a proposé une bourse pour poursuivre mes études en Europe. Elle insistait pour que je paie 100 000 francs CFA de frais de dossier. Ce que je n’ai pas fait. Dieu merci, je l'ai échappé belle."
De plus en plus perfectionnées
Ces attaques se perfectionnent avec l'intelligence artificielle. Pour Innocente Gbékévi, spécialiste en cybersécurité, cette évolution change complètement la donne.
"Les techniques, les tactiques et les outils qu'utilisent ces cybercriminels pour perpétrer leurs attaques se voient développées ou accélérées aujourd'hui par l'intelligence artificielle, explique-t-elle. L'intelligence artificielle n'a certainement pas créé de nouvelles attaques, mais a amplifié les attaques classiques existantes comme le phishing, les rançons, l'usurpation d'identité, etc. Ces attaques sont devenues beaucoup plus rapides, beaucoup plus crédibles, très difficiles à détecter et surtout moins coûteuses."
L'expert explique qu'aujourd'hui, une seule personne peut lancer des campagnes visant des milliers de victimes. Les messages sont mieux rédigés, les faux sites ressemblent aux vrais. L'intelligence artificielle complique encore la détection des fraudes :
"Avant, détaille Innocente Gbékévi, les tâches qui sont sur la chaîne de cyberattaques qui nécessitaient des compétences techniques assez complètes sont aujourd'hui très faciles, avec l'automatisation de l'IA. Aujourd'hui, par exemple, les indices de compromission sont en voie de disparition. Aujourd'hui, avec le deepfake, on peut générer des images très crédibles et réalistes, des vidéos qui sont assez crédibles, des messages WhatsApp qui vont être assez crédibles, des voix même qui sont clonées."
Face à ces nouvelles menaces, la vigilance reste la meilleure protection. Il faut aussi continuer d'éduquer les utilisateurs et les citoyens au numérique.