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RDC : l'INRB au cœur de la riposte face à l'épidémie d'Ebola

Emmanuel Kuzamba
28 mai 2026

L’INRB constitue un élément central dans la riposte sanitaire face à Ebola. Les scientifiques y analysent les échantillons et tentent de freiner la propagation de la maladie.

Kinshasa 2026 | INRB | Des chercheurs dans un laboratoire d'extraction de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa (26.05.26)
L'INRB dit disposer d’une expérience de 40 ans dans la surveillance et la riposte Image : Bashi Wendy/DW

Une équipe de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a fait le déplacement, mercredi (27.05.26), dans la province de l’Ituri, pour analyser la situation sur place.

La 17e épidémie d’Ebola est en effet préoccupante puisqu’il s’agit cette fois d’une souche dénommée Bundibugyo, une variante du virus, pour laquelle il n’existe, pour l’instant, ni vaccin homologué ni traitement spécifique. 

Comment les analyses sont-elles réalisées dans les laboratoires de l’INRB et comment les scientifiques s’organisent-ils pour répondre à cette urgence sanitaire ?

"Là, nous sommes dans l’Institut où les échantillons sont référés en provenance de différentes provinces et où ils sont analysés", indique sur la DW Adrienne Amuri.   

Adrienne Amuri est biologiste médicale et directrice d'un laboratoire de recherche à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Elle explique le mode de travail actuel dans les laboratoires, où chaque minute compte.  

"Nous allons sur des bases de 40 échantillons, toutes les deux heures." (Adrienne Amuri de l’INRB)

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"Tous les échantillons suspects MVE (maladie à virus Ebola) qui arrivent, peu importe l’heure, doivent être analysés le même jour et les résultats partagés. Juste pour être sûr qu’il n’y a pas de nouvelles introductions dans une des provinces, même ici à Kinshasa. On est vraiment en mode alerte, on n’a plus d’heures de début ni de fin de travail."

Réduire le temps d’attente des résultats  

Cette nouvelle flambée inquiète particulièrement les scientifiques. La souche Bundibugyo est peu fréquente et les outils de riposte restent limités. Dans ce contexte, la rapidité du diagnostic devient essentielle pour isoler les cas suspects et protéger les communautés exposées.  

 Une équipe de l’INRB est depuis ce mercredi en Ituri, la province où les premiers cas ont été signalés. L’idéal, souligne Adrienne Amuri, est de rapprocher les capacités d’analyse de l’épicentre de l’épidémie et de réduire le temps d’attente des résultats.

Les chercheurs transportent notamment un outil de séquençage capable d’identifier précisément les caractéristiques du virus et de suivre son évolution.  

Selon Adrienne Amuri "une fois que l’échantillon est inactivé, nous le plaçons dans la machine avec les kits spécifiques et tout ce qu’il faut. Et il refait l’inactivation, puis l’extraction et les mixe et là, c’est le système automatique".

Les scientifiques de l’INRB disent être en mode alerte Image : Bashi Wendy/DW

Mais pour traiter davantage de prélèvements, les équipes utilisent aussi une méthode manuelle.  

"Si nous utilisons la plateforme manuelle, on a la capacité de lancer une plaque qui peut comprendre 80 échantillons. Tout dépend des équipes, mais nous évitons de lancer beaucoup d’échantillons pour éviter toute cross contamination. Nous allons sur des bases de 40 échantillons, toutes les deux heures."  

Un vaccin en vue contre la souche Bundibugyo 

Le 26 mai, le ministère de la Santé congolais a fait état d'un total de 121 cas confirmés en laboratoire, dont 17 décès, et de 1 077 cas suspects, dont 238 décès. Ceci dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, situés dans l’est du pays.  

Les autorités sanitaires évoquent par ailleurs plus de 2 200 contacts, onze zones de santé touchées et 133 personnes hospitalisées en isolement. 

Le patron de l'Agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC) a déclaré jeudi (28.05.26) qu’un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola sera disponible cette année. "Ce dont nous sommes certains, c'est que d'ici la fin de l'année 2026, l'Africa CDC s'assurera que nous disposons d'un vaccin et d'un médicament contre Bundibugyo", a assuré son chef Jean Kaseya lors d'un briefing en ligne à la presse. 

L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale, mais l'ampleur réelle de l'épidémie n'est pas encore connue et les autorités sanitaires internationales estiment que les chiffres actuels sont probablement sous-estimés. Le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus doit atterrir dans la capitale congolaise Kinshasa dans la soirée, avant de se rendre vendredi en Ituri. "Vous n'êtes pas seuls", a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus dans une lettre ouverte adressée aux Congolais, appelant à "agir maintenant, ensemble"

 

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