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Mali : auditions d’imams dans un contexte religieux tendu

Mahamadou Kane
23 janvier 2026

Deux imams ont été entendus cette semaine au Mali pour des propos diffusés en ligne révélant des tensions croissantes entre salafistes et confréries soufies

Mali Bamako 2021 | Des fidèles musulmans se rendant à la prière pendant la fête du sacrifice Eid al-Adha
Au Mali, les tensions entre acteurs religieux, notamment musulmans, s'intensifient, alimentées par des rivalités de prêcheurs, l'influence politique et l'émergence de nouveaux acteurs sur le numérique. Image : Nicolas Remene/AFP

L’imam Mohamed Bouyé Bah, du courant wahhabite, a été, lundi (19.01), interrogé durant plusieurs heures par le Pôle national de lutte anti-cybercriminalité, à la suite d'une plainte. Celui-ci a dû s’expliquer sur des propos jugés " offensants " qu’il aurait tenus et qui viseraient le président du Haut conseil islamique du Mali, Ousmane Cherif Madani Haïdara.

Un autre imam, Mahamane Maiga, a connu le même sort, jeudi (22.01). L’intéressé avait d'ailleurs publié sa convocation sur sa page Facebook. On ignore toutefois les motifs de sa brève interpellation.

Appel à l’unité des fidèles

Jeudi (22.01), le Haut conseil islamique s’est réuni d’urgence autour de la question. L’organisation faîtière des associations et leaders musulmans du Mali appelle au calme et à la retenue. 

Le Mali est signataire de plusieurs conventions internationales protégeant la liberté religieuse. Parmi celles-ci figurent entre autres la Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948), qui consacre la liberté de pensée, de conscience et de religion.Image : Adam Abu-bashal/Anadolu Agency/IMAGO

Pour l’imam Mahmoud Baba Sylla, de la mosquée de Badalabougou, il n’y a pas de raison, de "s’entredéchirer entre frères musulmans" :  

"On se dirige tous vers le Nord lorsque nous prions, nous observons tous le ramadan, nous partons tous en pèlerinage au même endroit, la Mecque. Nous demeurons tous musulmans. Ce qui nous unit est donc plus fort que ce qui nous divise. Les réseaux sociaux doivent plutôt nous rassembler, mais ils ne doivent jamais nous séparer", explique l'imam. 

Les trois grandes figures de l’islam au Mali

Des tensions perceptibles, alors que les principaux guides religieux musulmans du pays ne sont pas du même bord idéologique.  

Ousmane Cherif Madani Haïdara, fondateur de l’association Ançar Dine et président du Haut conseil islamique du Mali, revendique, par exemple, un islam traditionnel, basé sur le soufisme et le malikisme. 

Mohamed Ould Hamahoullah, dit Bouyé Haïdara, le chérif de Nioro du Sahel, qui est également soufi, dirige la Hammawiyya qui appartient à la confrérie des Tidjanes.

Ancien président du Haut conseil islamique, l'imam Dicko était à la tête du mouvement de contestation qui a précipité la chute du dernier président élu, Ibrahim Boubacar Keïta, lors d'un coup d'Etat en 2020 ayant porté la junte au pouvoir.Image : Florent Vergnes/AFP/Getty Images

Enfin, l’imam Mahmoud Dicko, adepte d’un islam rigoriste, incarne, pour sa part, le wahhabisme saoudien.

Ceux-ci demeurent les trois figures centrales et populaires de l’islam au Mali.

Mais à côté de ces leaders influents, d’autres prêcheurs émergent sur la scène publique. Il s’agit notamment des imams Mahi Ouattara et Abdoulaye Koita, du courant wahhabite, de Cheick Soufi Bilal, de la confrérie soufie, ou encore de Chouala Bayaya Haïdara, du courant chiite, réputé proche de l'Iran.  

Des leaders religieux, dont les avis divergent et qui se confrontent régulièrement sur la scène publique autour des préceptes de la religion musulmane.  

Mais au-delà de leurs désaccords idéologiques, tous s’accordent à dire qu’ils appartiennent à la même communauté et qu’ils sont à ce titre, " condamnés à cheminer ensemble pour renforcer la cohésion sociale au Mali ".  

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