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Le scandale Softcare continue d'émouvoir le Sénégal

5 février 2026

L'entreprise de fabrication de produits d'hygiène est soupçonnée d'avoir utilisé des produits périmés. Interview d'Alima Niang, présidente de l'Union des jeunes pharmaciens du Sénégal.

Senegal | Alima Niang, présidente de l'Union des jeunes pharmaciens du Sénégal
Alima Niang, présidente de l'Union des jeunes pharmaciens du Sénégal, réclame que les lois soient appliquées rigoureusementImage : Alima Niang

Le Sénégal est agité par un scandale de santé publique : l'affaire Softcare, du nom de la filiale sénégalaise du groupe chinois Sunda International. Cette entreprise fabrique des produits d'hygiène, comme des serviettes hygiéniques ou des couches pour bébé.

L'Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique a envoyé début décembre un courrier aux professionnels de santé pour leur signaler « la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication de [..]… produits destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes ». Mais l'agence est revenue sur la décision de retirer les produits du marché. Jusqu'à présent, les commissions d'enquête diligentées n'ont pas publié leurs résultats, pourtant annoncés pour début février.

L'entreprise incriminée, Softcare, elle, assure coopérer pleinement avec les enquêteurs chargés du dossier.

Mais le directeur des inspections de l'Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique accuse Softcare de tentative de corruption : le Dr Moussa Diallo a déclaré au journal Le Quotidien avoir reçu "à quatre reprises" la visite de "Chinois de Softcare" avec une mallette pleine d'argent, pour qu'il modifie les conclusions du rapport de l'inspection dans les locaux de l'entreprise.

Pour Alima Niang, présidente de l'Union des jeunes pharmaciens du Sénégal, il est urgent que les pouvoirs publics agissent pour éviter ce type de scandales de santé publique.

Interview avec Alima Niang (UJPS)

 

DW : Alima Niang, pouvez-vous nous rappeler comment le scandale Softcare a éclaté?

Le scandale a éclaté à la date du 11 décembre, avec un communiqué daté du 8 décembre et signé par le directeur général de l'Agence Sénégal de la réglementation pharmaceutique.

Et dans ce communiqué, on nous disait que les produits de santé de la marque Softcare allaient être retirés du marché parce qu'ils ont noté lors d'une mission d'inspection, qu'il y avait des produits périmés dans le circuit de production de ces produits.

Étonnamment, à la date du 16 décembre, c'est la cellule de communication de l'Agence sénégalaise de la réglementation pharmaceutique qui sort un autre communiqué pour nous dire que les produits ne seront finalement pas retirés et que les matières premières périmées n'ont pas été intégrées dans le processus de fabrication.

Les menstrues, pas qu'une affaire de filles

07:29

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A la suite de leur communiqué, les trois inspecteurs en pharmacie qui avaient mené la mission d'inspection sont sortis pour dire qu'ils maintenaient leurs propos et que les matières premières périmées étaient bien intégrées dans le processus de fabrication.

C'était l'incompréhension totale et il y a eu de vives réactions de la part de la population, naturellement, car ce sont les premiers consommateurs, et des professionnels de santé aussi sont sortis pour demander que la lumière soit faite sur cette affaire.

Alors, le 18 décembre, notre ministère de tutelle, le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique a annoncé une mission conjointe avec le ministère du Commerce pour que cette affaire soit tirée au clair dans les plus brefs délais.

Malheureusement, nous n'avons toujours pas de réponse de notre ministère de tutelle.

Il y a aussi eu l'Assemblée nationale qui a mis sur place une mission d'enquête parlementaire à la date du 5 janvier, et c'était censé durer un mois.

Nous attendons toujours.

 

DW : Comment, selon vous, éviter à l'avenir ce type de scandale sanitaire au Sénégal?

On peut éviter tout ça par l'application stricte de la loi, et c'est tout ce que nous demandons. l'Agence sénégalaise de la réglementation pharmaceutique est tenue de faire respecter la réglementation ainsi que les procédures de fabrication.

Les industriels doivent se conformer strictement aux exigences légales.

A défaut, il faut sanctionner sévèrement sanctionné à la hauteur des actes posés.

Car là, il s'agit de produits de santé et aucun laxisme ne saurait être toléré.

 

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