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EconomieIran

Iran : les commerçants dénoncent la dégradation économique

Avec agences
30 décembre 2025

Les commerçants protestent contre une inflation galopante et la chute de la valeur du rial (la monnaie iranienne) provoquées par les sanctions occidentales.

Une foule de manifestants occupent une artère du centre de Téhéran
Le mouvement spontané a débuté dimanche 28 décembre dans le plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran, avant de s'étendre et de gagner en ampleur.Image : Farsnews

L'Iran souffre depuis des années d'une hyperinflation chronique. En décembre, les prix ont ainsi augmenté en moyenne de 52% sur un an, selon le Centre de statistiques d'Iran, un organisme officiel. Mais ce chiffre est loin de refléter avec fidélité les hausses observées spécifiquement sur les produits de première nécessité. Les commerçants protestent contre cette inflation galopante et la chute de la valeur du rial, la monnaie iranienne, qui s’est accélérée ces dernières semaines.

L’Iran, déjà isolé, s’est alors vu couper l’accès au système bancaire international et privé de dollars.Image : UGC

Une économie fragilisée

La monnaie nationale, le rial, a encore atteint dimanche (28.12) un taux bas historique face au dollar, selon le taux informel au marché noir. Ce dernier est désormais de plus de 1,4 million de rials pour un dollar (contre 820.000 il y a un an) et 1,7 million pour un euro (contre 855.000 en 2024).

L'économie iranienne, déjà fragilisée par des décennies de sanctions occidentales, pâtit également du rétablissement fin septembre par l'ONU des sanctions internationales levées il y a dix ans, liées au programme nucléaire de l'Iran.

Cette situation paralyse les ventes de certains biens importés, vendeurs comme acheteurs préférant reporter toute transaction en attendant d'y voir plus clair.

"Aucun responsable (politique) ne nous a soutenus ou a cherché à savoir comment le cours du dollar affectait nos vies", déplore un manifestant.

"Il a fallu manifester notre mécontentement", a ajouté ce vendeur, qui témoigne anonymement.

Le rial iranien ne cesse de s’effondrer : il faut désormais plus de 42 000 rials pour un seul dollar américain. Image : irna

Des "revendications légitimes"

Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé ce mardi (30.12) à écouter "les revendications légitimes" des manifestants.

 "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur d'écouter les revendications légitimes des manifestants en dialoguant avec leurs représentants afin que le gouvernement puisse agir de toutes ses forces pour résoudre les problèmes et agir de manière responsable", a déclaré le dirigeant sur le réseau social X.

Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a quant à lui exhorté députés et responsables politiques à prendre les "mesures nécessaires afin d'accroître le pouvoir d'achat de la population", selon des images diffusées à la télévision.

L'inflation ronge la croissance

Ces manifestations interviennent alors que le Fonds monétaire international (FMI), estime que les prix à la consommation qui ont augmenté de 42,4 % en 2025 ne descendront pas en dessous de la barre des 40 % en 2026.

"De nombreux commerçants ont préféré suspendre leurs transactions pour éviter d'éventuelles pertes", selon l'agence Irna.Image : UGC

Les dernières prévisions économiques de la Banque mondiale pour l'Iran, datant d'octobre 2025, tablent sur une croissance négative du produit intérieur brut de -1,7 % pour 2025 et de -2,8 % pour 2026. Il s'agit d'un revirement significatif par rapport aux prévisions antérieures, qui tablaient sur une croissance modérée. Selon la Banque mondiale, ce ralentissement serait dû à la baisse des exportations de pétrole et au durcissement des sanctions imposées par les États-Unis et l'ONU.

Démission du président de la Banque centrale

Les journées de manifestations ont conduit le président de la Banque centrale à remettre sa démission. Le gouvernement a annoncé que Abdolnasser Hemmati sera nommé gouverneur de la Banque centrale. Son entrée en fonction est prévue mercredi (31.12). Abdolnasser Hemmeti revient ainsi sur le devant de la scène après avoir été révoqué en mars par le Parlement de son poste de ministre de l'Economie et des Finances, déjà en raison de la forte dépréciation du rial.

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