Guerre en Iran, le bras de fer continue
13 mars 2026
Des explosions massives ont été entendues dans le centre de Téhéran, selon la télévision d'Etat, "à courte distance" d'un rassemblement à l'occasion d'une journée annuelle de soutien aux Palestiniens.
L'Iran marque vendredi la Journée de Qods, théâtre annuel de manifestations en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël. A cette occassion, plusieurs hauts dirigeants iraniens, dont le chef de la sécurité Ali Larijani et le président Massoud Pezeshkian, sont apparus en public en participant au rassemblement. Les deux hommes, ainsi que le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, sont apparus alors que l'armée israélienne appelait la population à évacuer deux zones du centre de Téhéran proches du lieu du rassemblement. Des frappes aériennes y ont visé des cibles à "une courte distance" de l'événement, selon la télévision d'Etat.
Les Gardiens de la Révolution mettent en garde
La guerre a déjà provoqué des exodes massifs au sein du pays : plus de 3 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de l'Iran, selon le HCR. C'est dans ce contexte que les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti que toute nouvelle manifestation contre le pouvoir donnerait lieu à une réponse "plus cinglante" qu'en janvier, quand des milliers de personnes avaient été tuées. Dans un communiqué diffusé à la télévision les Gardiens de la révolution ont indiqué que "l'ennemi, incapable d'atteindre ses objectifs militaires sur le terrain cherche de nouveau à instiller la terreur et provoquer des émeutes".
Avant ses déclarations, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé que l'offensive israélo-américaine contre l'Iran avait notamment pour objectif de donner aux Iraniens les moyens de "faire tomber le régime" de la République islamique, en place depuis 1979, et qu'Israël considère comme une menace existentielle.
La guerre a débuté quelques semaines seulement après des manifestations sans précédent en Iran, d'abord contre la vie chère, avant de se transformer en vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, avec un pic le 8 janvier.
Selon les autorité iraniennes la répression de ces manifestations a fait plus de 3.000 morts mais elles affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes" agissant pour le compte des Etats-Unis et d'Israël.
L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, dresse de son côté un bilan de plus de 7.000 personnes tuées, pour la plupart des manifestants. Un bilan qui reste provisoire faute d'accès à l'ensemble des actes de décès.
Le désir de vengeance de Mojtaba Khamenei
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a promis jeudi de venger les attaques américaines et israéliennes qui se sont intensifié vendredi. Le nouveau guide iranien promet aussi de maintenir la pression sur le détroit d'Ormuz.
Dans son message, le premier diffusé, depuis qu'il a été désigné guide suprême dimanche, Mojtaba Khamenei n'a exprimé aucune volonté de plier face aux Etats-Unis et à Israël. Il insiste au contraire sur son désir de venger les victimes de leurs attaques. Mojtaba Khamenei, 56 ans, que les Iraniens n'ont pas pu voir en image a été blessé dans une frappe et son état de santé reste un mystère. Son message a été lu jeudi (12.03) par une présentatrice à la télévision nationale.
Selon le ministre américain de la Défense Pete Hegseth, le nouveau guide suprême iranien serait probablement "défiguré". Il a également assuré que les Etats-Unis et Israël ont touché plus de 15.000 cibles depuis le début de leur guerre contre l'Iran.