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En Iran, ni la paix, ni la guerre

Marco Wolter | Avec agences
22 avril 2026

Donald Trump a unilatéralement prolongé la trêve avec l’Iran et continue à miser sur le blocus des ports iraniens pour étrangler l’économie du pays.

Donald Trump lors d'une table ronde à Washington.
Donald Trump estime que de nouvelles négociations avec Téhéran sont possibles dans les prochains jours.Image : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

Quelques heures seulement après l'annonce par Donald Trump mardi soir (21.04) de la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran en vigueur depuis le 8 avril, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz

Téhéran continue ainsi de bloquer ce passage stratégique au large des côtes iraniennes, et par lequel passent en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz liquide dans le monde. Ce blocage est devenu un levier de survie pour le régime iranien, car la perturbation du détroit fait grimper les prix des hydrocarbures et fragilise l'économie mondiale. 

Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, des tirs iraniens auraient également touché un porte-conteneurs au large d'Oman. Un autre cargo quittant le détroit aurait également été visé, mais l'origine des tirs n'a pas été précisée. 

Ces incidents témoignent de la fragilité de la trêve en cours. 

Dans le même temps, l'armée américaine a également instauré un blocus dans cette zone pour empêcher tout navire d'entrer ou de quitter les ports iraniens. L'objectif affiché par Washington est d'asphyxier le régime iranien en le privant de ressources financières.  

Donald Trump a affirmé que l'Iran "s'effondrait financièrement" en raison du blocus. 

La formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France est discutée afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. Image : Asghar Besharati/AP Photo/picture alliance

Flou diplomatique

Dans cette guerre qui se joue également dans la communication, Téhéran a toutefois assuré que le blocus américain n'avait pas d'impact sur la capacité du pays à se procurer des biens de première nécessité et des denrées alimentaires pour la population.       

Sur le plan diplomatique, la situation reste confuse. De nouvelles discussions prévues à Islamabad, au Pakistan, en début de semaine, n'ont pas eu lieu. Les délégations américaine et iranienne ne s'y sont toujours pas rendues, les Etats-Unis ayant annulé leur venue face au refus de l'Iran de dépêcher ses représentants. Car Téhéran conditionne ainsi la reprise des pourparlers à la levée du blocus naval américain. Ce mercredi, Donald Trump affirme sans plus de précisions que de nouvelles négociations pourraient avoir lieu dans les prochains jours. 

Sur l'autre front de la guerre, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban doivent avoir lieu ce jeudi à Washington, selon la diplomatie américaine.  Un cessez-le-feu est en cours entre Israël et le Hezbollah, mais les deux parties s'accusent de le violer. 

Le blocage du détroit d'Ormuz a fait grimper les prix à la pompe à travers le monde.Image : Loic Venance/AFP

Prévisions de croissance en baisse 

Les conséquences économiques restent désastreuses dans le monde. L'Allemagne, première économie européenne, réduit désormais de moitié sa prévision de croissance pour cette année à cause de la crise énergétique engendrée par le blocage du transport d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz. La progression du PIB devrait se situer autour de 0,5 % contre 1 % prévu avant la guerre au Moyen-Orient. 

Selon la ministre allemande de l'Economie, l'Allemagne "se situe de nouveau en bas du classement en termes de croissance au sein de l'UE, malgré d'importantes impulsions budgétaires". Le pays était déjà particulièrement affecté par la guerre en Ukraine et sa forte dépendance au gaz russe. 

L'Italie n'a revu que légèrement à la baisse sa prévision de croissance à 0,6 % en 2026 tandis que la France table sur 0,9 %.

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