Iran - L'élection de Mahmoud Ahmadinejad confirmée
3 août 2009
Le mouvement contestataire s’essouffle. Environ 3000 personnes s’étaient encore rassemblées jeudi dernier, mais cela n’est rien comparé aux grosses manifestations qui ont suivi l’élection du 12 juin. Ce matin, l’ayatollah Ali Khamenei a remis à Mahmoud Ahmadinejad le décret de sa nomination à la présidence de la République. Il a même salué, je cite, « le vote ferme et sans précédant des Iraniens », niant en bloc la controverse autour des résultats des élections. Rappelons que le président sortant aurait été réélu avec 62,63%, un score contesté par les candidats de l’opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. Les troubles de juin entre leurs partisans et les forces de l’ordre auraient fait une trentaine de morts et plus de mille arrestations selon les autorités. La révolte de ces dernières semaines a donc bel et bien été étouffée. Peter Philipp, ancien journaliste à la Deutsche Welle et spécialiste de la région:
« Je pense que les gens seront déçus, ils ont vu aujourd’hui (…) que les protestations n’ont servi à rien, n’ont pas changé les résultats des élections et la situation intérieure au pays (…) Une indication est le procès qui a commencé samedi à Téhéran contre les manifestants. »
Le tribunal révolutionnaire a en effet commencé à juger plus d’une centaine de manifestants, poursuivis pour « troubles à l’ordre public et atteinte à la sécurité nationale ». Le candidat réformateur Mirhossein Moussavi et l’ex président Mohammad Khatami dénoncent une mise en scène du procès et des aveux obtenus sous la torture. Mais pour l’instant, ces leaders de l’opposition sont hors d’atteinte. Peter Philipp::
« Il y a un aspect qui reste intéressant. On a parlé de trois personnages - de Moussavi, de Rafsandjani et Khatami - , qui se sont entendus de travailler ensemble. Les trois sont rendus responsables de travailler ensemble mais ils ne sont pas dans le procès. Est-ce qu’on va aller plus loin et les juger aussi? Si oui, je pense qu'il y aura un renouvellement du chaos et de la violence »
L’avenir de la situation politique en Iran dépend donc de la façon dont Mahmoud Ahmadinejad traitera le mouvement contestataire de juin. La libération de plusieurs centaines de prisonniers politiques la semaine dernière laisse à penser que le président a compris qu’il fallait apaiser le mécontentement de la population.