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Qui est le nouveau Guide suprême iranien ?

9 mars 2026

En pleine confrontation avec les USA et Israël, l'Assemblée des experts a désigné le fils d'Ali Khamenei à la tête du pays. Réputé proche des conservateurs, sa nomination n'augure pas d'un apaisement de la situation.

Portrait du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei
Après le père, le fils Khamenei devient Guide suprême iranienImage : Sha Dati/Xinhua/IMAGO

En Iran, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Téhéran pour apporter leur soutien au nouveau Guide suprême. Mais qui est Mojtaba Khamenei ?

Le fils d'Ali Khamenei

Né le 8 septembre 1969 à Machhad, une grande ville du nord-est de l'Iran, Mojtaba Khamenei est le deuxième fils d'Ali Khamenei, tué le 28 février dernier, au premier jour de l'offensive américano-israélienne et après plus de trois décennies passées à la tête de l'État iranien.

Mojtaba Khamenei a été nommé le 8 mars guide suprême de la République islamique par l'Assemblée des experts. Celle-ci composée de 88 dignitaires religieux assure ne pas avoir hésité une minute à lui confier la direction du pays. Un choix qui traduit la consolidation du pouvoir des conservateurs et la continuation de la ligne dure de son père et prédécesseur.

Peu connu du grand public, le religieux chiite de 56 ans est souvent décrit comme un personnage énigmatique mais aussi comme l'une des figures les plus influentes dans les structures du pouvoir iranien.

Il entretiendrait notamment des liens étroits avec le puissant corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), l'armée idéologique de la République islamique, considérée par beaucoup comme la véritable tenante du pouvoir.

Selon Kasra Aarabi de l'organisation américaine United Against Nuclear Iran, cité par l'Agence de presse allemande dpa, Mojtaba Khamenei "bénéficie d'un fort soutien au sein du CGRI, en particulier auprès de la jeune génération radicale."

Dans son communiqué, l'Assemblée des experts a appelé le peuple iranien à soutenir le nouveau dirigeant élu et à "préserver l'unité" du pays. Dans la foulée de l'annonce, les Gardiens de la Révolution, les forces armées, la police et la diplomatie ont par ailleurs immédiatement prêté allégeance au nouveau guide suprême.

Réactions à l'étranger

Si les médias officiels ont montré des scènes de liesse à travers le pays à l'annonce de la nomintation de Mojtaba Khamenei, sa survie est d'ores et déjà compromise.

Des scènes de liesse ont suivi l'annonce de la nomination du nouveau Guide suprêmeImage : Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency)/REUTERS

Le président américain Donald Trump a prévenu que le nouveau guide "ne (tiendrait) pas longemps sans son aval. "Ils perdent leur temps. Le fils de Khamenei est un poids plume", a-t-il affirmé dans le média américain Axios. Le ministre israélien de la Défense a lui déclaré la semaine dernière que le nouveau guide suprême serait une "cible à éliminer".

Du côté des alliés traditionnels de Téhéran, le président russe Vladimir Poutine a assuré Mojtaba Khamenei de son "soutien indéfectibles". La Chine s'est contentée de qualifier la décision de l'Assemblée des experts de "conforme" à la Constitution iranienne.

Partisan de la ligne dure

Mojtaba Khamenei est présenté par les médias officiels comme quelqu'un qui mène une existence plutôt discrète et de fait, il n'a jamais occupé de fonction publique. Mais dans les coulisses, il jouirait depuis le milieu des années 90, d'une influence considérable au sein des structures du pouvoir. Lors de l'élection présidentielle de 2005 en particulier, le fils d'Ali Khamenei aurait joué un rôle déterminant dans l'ascension puis la victoire de Mahmoud Ahmadinejad. Personnalité peu connue au sein des Gardiens de la révolution, ce dernier restera président jusqu'en 2013. Reconduit une fois au pouvoir en 2009, sa réélection est contestée par une partie de la population. Mais les mouvements de protestation sont réprimés dans le sang - le nom de Mojtaba Khamenei et son rôle croissant dans la répression des manifestants est cité dans plusieurs rapports.

Fortune personnelle

Des informations ont également circulées concernant des faits de corruption. Selon des sources proches du gouvernement, au moins 60 % de l'économie iranienne est gérée par des holdings et des institutions contrôlées par Ali Khamenei tandis que son fils contrôlent les finances.

Selon une enquête menée par le média américain Bloomberg, en 2026, les actifs de Mojtaba Khamenei comprennent des biens immobiliers de grande valeur à Londres et à Dubaï, ainsi que des participations dans des compagnies maritimes, des banques et des complexes hôteliers en Europe. La plupart de ces actifs ne seraient pas enregistrés à son nom, mais via des intermédiaires et des structures d'entreprises complexes dans différents pays.

Rédaction : Youhanna Najdi, Rodion Ebbighausen

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