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Iran : le poids politique et l'influence de Reza Pahlavi

12 janvier 2026

Reza Pahlavi attise la révolte en Iran. Le fils du dernier shah d’Iran a passé près d'un demi-siècle en exil aux États-Unis.

Reza Pahlavi lors d'une conférence de presse à Paris.
Reza Pahlavi prône une séparation de la religion et de l'État.Image : Joel Saget/AFP

Reza Pahlavi, 65 ans, se présente comme une alternative pro-laïque et pro-démocratie face au régime autoritaire et théocratique des mollahs en Iran.

Né en 1960, il est le fils aîné du shah Mohammad Reza Pahlavi et de son épouse Farah. Le terme de shah désigne les Empereurs d'Iran. Reza Pahlavi a été officiellement nommé prince héritier à l'âge de 7 ans lors du couronnement de son propre père, en 1967.

Mais Reza Pahlavi n'a plus foulé le sol iranien depuis le renversement de la monarchie, à l'époque alignée sur les États-Unis, en1979. La révolution iranienne, née de la répression politique et de la hausse des inégalités, a conduit au régime religieux qui gouverne le pays encore aujourd'hui.

Reza Pahlavi suivait une formation de pilote de chasse aux États-Unis au moment de cette révolution. Puis il a étudié les sciences politiques à l'Université de Californie du Sud pour définitivement s'établir dans le pays.

Quel projet porte Reza Pahlavi ?

"Ma seule mission est de vivre de sorte que le peuple iranien puisse finalement déterminer son propre avenir lors d'une élection libre et équitable", avait déclaré Reza Pahlavi à la DW en 2023. "Le jour où les Iraniens iront voter pour décider de leur avenir, ce sera mission accomplie et la fin de ma mission politique."

Bien qu'il ait publiquement déclaré son soutien à des référendums permettant aux Iraniens de définir leur futur politique, Reza Pahlavi cherche aussi à se positionner comme potentiel leader en cas de transition.

Au moment de la guerre de 12 jours entre Israël et l'Iran, en juin 2025, il s'est proposé comme chef intérimaire en cas d'effondrement du gouvernement.

"Je suis ici aujourd'hui pour me soumettre à mes compatriotes afin de les guider sur cette voie de paix et de transition démocratique”, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Paris. "Je ne cherche pas le pouvoir politique, mais plutôt à aider notre grande nation à traverser cette heure cruciale vers la stabilité, la liberté et la justice."

Mohamed Reza Pahlavi a été chassé du pouvoir lors de la révolution islamique de 1979.Image : Cola Images/IMAGO

Lors de cette conférence de presse, il a annoncé plusieurs plans et stratégies pour une transition démocratique fondée sur les principes d'"intégrité territoriale, de libertés individuelles, d'égalité de tous les citoyens et de séparation de la religion et de l'État".

"Ce sera au peuple iranien de décider lors d'un référendum national de la forme finale que prendra cette future démocratie", a-t-il encore déclaré.

Reza Pahlavi estime que l'Iran peut devenir une monarchie constitutionnelle, similaire à d'autres États, où des monarques symboliques occupent une fonction représentative et le pouvoir est aux mains d'un Parlement, dont le dirigeant serait élu.

Le poids politique de Reza Pahlavi

Exilé depuis près de 50 ans maintenant, Reza Pahlavi et sa famille continuent à bénéficier du soutien de la diaspora iranienne.

La censure, la répression et la surveillance des réseaux sociaux ne permettent pas de sonder réellement leur cote de popularité en Iran.

Une autre question clé est de savoir si la population est prête à revenir à une forme de système monarchique en 2026, alors que nombre d'Iraniens n'ont jamais connu la monarchie.

Qui qu'il en soit, Reza Pahlavi pourrait jouer un rôle dans la transition.

"À un moment donné, ce mouvement a besoin d'une figure politique comme manager, ou d'une figure qui rassemble", explique Alex Vatanka, expert en sécurité au Middle East Institute basé aux États-Unis.

"Personne n'a la reconnaissance et le pedigree que Reza Pahlavi peut apporter, même s'il a du chemin à parcourir pour convaincre les nombreux sceptiques qu'il peut être un gestionnaire fidèle dans une transition vers l'Iran post-Khamenei (Ali Khamenei, le Guide suprême), et qu'il ne va pas consolider son pouvoir à la première occasion."

Ces dernières années, Reza Pahlavi a courtisé des chefs d'État et des personnes influentes à travers le monde. Plus particulièrement, il a rencontré Benjamin Netanyahu lors d'un voyage en Israël au printemps 2023, alors que le Premier ministre israélien est l'un des principaux soutiens du prince héritier exilé.

Compte tenu des décennies d'hostilité entre l'Iran et Israël, ce partenariat est susceptible de poser un problème à de nombreux Iraniens, qui considèrent le gouvernement Netanyahu comme un agresseur, notamment après la guerre de 12 jours en juin.

Une transition imminente semble peu probable

Enfin, au-delà de la personne de Reza Pahlavi, le renversement du régime des mollahs par la rue et l'avènement d'un Iran démocratique restent hypothétiques.

Dans des messages publiés sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi a appelé à la poursuite des grèves et des manifestations nationales contre le régime. Ses derniers messages ont néanmoins été prudents, alors qu'une répression sanglante contre les protestataires est apparemment en cours.

Une ONG basée en Norvège estime que près de 650 personnes ont déjà été tuées dans la répression des manifestations.Image : Social Media/REUTERS

"L'État iranien est très bien ancré et sujet aux crises, tant au niveau de ses institutions qu'au niveau des organes de sécurité", assure Arshin Adib-Moghaddam, co-président du Centre d'études iraniennes de l'Université SOAS de Londres. "Par conséquent, ces manifestations seules ne remplaceront pas le système. Les chercheurs sérieux sur l'Iran savent que la plupart des choses que nous entendons sur le pays n'est qu'un mirage politique et est loin de la réalité sur le terrain."

Pour l'expert Alex Vatanka, la capacité du régime à conserver le pouvoir dépend de sa capacité à résister à nouveau à la colère d'une partie de la population.

"La question est non seulement de pouvoir surmonter ces protestations, mais aussi de pouvoir rassembler la force nécessaire pour contenir la prochaine contestation, qui est sûrement déjà au coin de la rue, même si celle-ci ne parvient pas à renverser le régime", observe l'expert.

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