Territoires palestiniens occupés : l'Onu alerte
18 mars 2026
Dans son dernier rapport couvrant la période allant de novembre 2024 à fin octobre 2025, le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme (HCDH) évoque le fait que "les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza (...), semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif".
Des déplacements sur l'ensemble des territoires occupés qui selon l'organisation "soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique".Ce n'est pas la première fois que de telles craintes sont évoquées. Le 19 février, le HCDH avait indiqué craindre un "nettoyage ethnique" dans les territoires palestiniens occupés. Le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme avait, à l'époque, fait état d'une série d'actions israéliennes dont "l'intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, le refus d'apporter une aide humanitaire et les transferts forcés".
Il est question de "l'avancement ou de l'approbation, par les autorités israéliennes, de 36.973 unités de logement dans les colonies de Jérusalem-Est occupée et d'environ 27.200 dans le reste de la Cisjordanie ".
"Transfert illégal"
Alors que le Haut-Commissariat souligne le fait que le "transfert illégal" de Palestiniens "constitue un crime de guerre" et que "dans certaines circonstances", de tels actes peuvent même "s'apparenter à un crime contre l'humanité", le document de l'Onu insiste aussi sur le risque accru de déplacement auquel sont exposés des milliers de Palestiniens appartenant à des communautés spécifiques.
Il est question notamment des communautés bédouines qu'on retrouve au nord-est de Jérusalem-Est. Ces déplacements seraient liés notamment à l'avancement des projets de colonisation sur place.
La Cisjordanie est occupée par Israël depuis 1967 et les violences sur place ont augmenté depuis l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, à l'origine de la guerre dans la bande de Gaza.
Plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie - hors Jérusalem-Est - parmi environ trois millions de Palestiniens, dans des colonies que les Nations unies considèrent comme illégales au regard du droit international.
Appel à cesser la création et l'expansion des colonies
2025 est considérée comme la pire année depuis des décennies, en raison des agissements des colons armés et des soldats, ainsi que de la fermeture de nouvelles terres aux propriétaires fonciers et aux agriculteurs palestiniens en Cisjordanie.
Selon le rapport de l'Onu, le transfert de pouvoir de l'armée israélienne aux autorités civiles, les mesures visant à confisquer des terres palestiniennes pour l'expansion des colonies, ainsi que d'autres politiques et pratiques discriminatoires "constituaient un régime institutionnalisé de discrimination, d'oppression et de violence systématiques de la part d'Israël à l'encontre des Palestiniens", en violation de l'interdiction de la ségrégation raciale et de l'apartheid prévue par le droit international.
C'est dans ce contexte que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé Israël "à cesser immédiatement et complètement la création et l'expansion des colonies, à évacuer tous les colons et à mettre fin à l'occupation" des territoires palestiniens.
La réaction d'Israël
À la suite de la publication du rapport, la mission permanente d'Israël auprès de l'Onu à Genève a indiqué que "pour Israël, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a perdu toute crédibilité".
Selon la mission, le HCDH ne fonctionne "plus comme un organe impartial et neutre de défense des droits humains, mais comme l'épicentre d'un activisme anti-israélien".
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, "la situation s'est aggravé" selon Ajith Sunghay qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens qui indique que "les forces de sécurité israéliennes continuent de tuer des Palestiniens en toute impunité".