En Israël, la rue veut la paix mais la guerre se poursuit
17 septembre 2025
L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive militaire terrestre majeure. Elle avance dans la ville de Gaza, la plus grande ville de l'enclave palestinienne déjà bombardée depuis des semaines.
Selon l'Onu, un million de Palestiniens vivaient, fin août, dans cette zone, où les Nations unies ont également déclaré officiellement l'état de famine.
Une fois de plus, les condamnations au niveau international sont nombreuses. En Israël aussi, une majeure partie de la population estime qu'il faut mettre fin à la guerre et trouver un accord de paix.
Des manifestations sans effet
"Netanyahu ne se laisse pas impressionner par les manifestations à travers le pays", titrait il y a un mois le journal allemand Süddeutsche Zeitung. Des dizaines de milliers d'Israéliens, 500.000 même selon les organisateurs, venaient de se rassembler à Tel-Aviv pour réclamer un accord de cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages encore retenus dans l'enclave palestinienne par le Hamas.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu venait de faire adopter un plan pour occuper toute la bande de Gaza. L'armée déclarait vouloir "concentrer” ses opérations sur la ville de Gaza.
Depuis, les manifestations hebdomadaires en Israël se poursuivent, tous les samedis, sur la place des otages de Tel-Aviv, nommée ainsi après l'attaque terroriste du 7 octobre. Une place qui se trouve à dix minutes à pied du quartier général de Tsahal, les Forces de défense israéliennes.
Fin août, des protestataires se réunissaient devant les domiciles de ministres pour réclamer un accord de trêve.
Mais le titre de la Süddeutsche Zeitung d'un Benjamin Netanyau qui ne se laisse pas impressionner, tient toujours.
"Destruction systématique de la ville de Gaza"
L'armée israélienne continue à avancer sur l'enclave palestinienne et maintenant Gaza-Ville, appelant les habitants à fuir vers le sud et pulvérisant sur son passage les immeubles d'habitation et les infrastructures.
Selon le chef de l'Onu, Antonio Guterres, "nous assistons à une destruction massive de quartiers, et désormais à la destruction systématique de la ville de Gaza".
Pourtant, à en croire de récents sondages, la majorité des Israéliens veulent un accord de paix. Peu après l'attaque du 7 octobre, seuls 17 % des Israéliens pensaient que leur gouvernement devait négocier avec le Hamas pour faire libérer les otages, selon un sondage de l'Israel Democracy Institute (IDI), un groupe de réflexion non partisan.
Mi-juillet, selon une enquête d'opinion de la chaîne de télévision israélienne Channel 12, ce taux favorable à un accord de paix était de 74 %.
Peu ce compassion pour le sort des Gazaouis
En revanche, un autre sondage de l'IDI s'est intéressé à la perception des Israéliens face aux informations de famine et de catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza.
Plus des trois quarts des Juifs israéliens (79 %) ont répondu ne pas se sentir très préoccupés ou pas du tout préoccupés par ces informations. Ils ont également déclaré qu'ils pensaient que l'armée israélienne faisait ce qu'il fallait pour éviter des souffrances inutiles.
A l'opposé, 86 % des Arabes israéliens interrogés se sont dit très ou plutôt préoccupés par les informations faisant état de famine et de souffrances à Gaza.