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Ituri : le courage d'une infirmière face à Ebola

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29 juillet 2026

À seulement 27 ans, Grâce Kakure a vu plusieurs de ses collègues succomber à Ebola dans l'exercice de leurs fonctions. Malgré le deuil, le manque de moyens et l'absence de rémunération, cette infirmière de Mongbwalu poursuit son travail au service de sa communauté, en première ligne de la lutte contre l'épidémie.

Grâce Kakure, 27 ans, exerce comme infirmière à l'hôpital général de référence de Mongbwalu depuis cinq ans.

Lorsquel'épidémie d'Ebola a été officiellement déclarée, le virus circulait déjà dans la communauté. Dans un établissement sous-équipé, les soignants se sont retrouvés exposés dès les premiers jours. Grâce Kakure a vu cinq de ses collègues mourir après avoir été contaminés sur leur lieu de travail.

Pour elle, l'une des raisons de cette contamination est l'engagement des soignants auprès des malades. Malgré les pertes humaines, elle estime que le personnel médical doit continuer à assurer sa mission pour protéger la population.

Une fréquentation de l'hôpital en hausse après des mois de méfiance

Au plus fort de l'épidémie, la peur a éloigné de nombreux habitants de l'hôpital. Certains étaient convaincus que l'établissement constituait lui-même un foyer de contamination.

Peu à peu, cette méfiance s'est atténuée. Selon Grâce Kakure, les patients recommencent désormais à fréquenter l'hôpital pour se faire soigner. Un signe encourageant pour les équipes médicales qui poursuivent leurs efforts malgré des conditions de travail particulièrement difficiles.

Des soignants engagés mais toujours oubliés

La lutte contre Ebola a un coût humain considérable en Ituri. Près d'une vingtaine de médecins et d'infirmiers de la province sont décédés après avoir contracté la maladie.

Malgré les risques quotidiens, de nombreux agents de santé continuent de travailler sans rémunération régulière. Certains sont même décédés avant d'obtenir une reconnaissance officielle en tant qu'agents de l'État congolais.

Face à cette situation, Grâce Kakure appelle les autorités à mieux soutenir les soignants. Elle réclame notamment l'accès à la prime de risque et davantage d'attention pour Mongbwalu, une localité qui, selon elle, reste trop souvent oubliée.

Une mobilisation qui ne faiblit pas

Malgré les difficultés logistiques, financières et humaines, la riposte contre Ebola se poursuit en Ituri. Sur le terrain, des professionnels de santé comme Grâce Kakure continuent de prendre en charge les malades avec détermination, faisant de leur engagement un rempart essentiel contre la propagation de l'épidémie.

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