Jens Spahn chute, rattrapé par ses contradictions sur la GPA
20 juillet 2026
Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Jens Spahn, l'ancien ministre de la Santé et l'un des principaux visages de l'aile droite de la CDU, le parti conservateur allemand, a été poussé à la démission de son poste de président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag.
En cause : Jens Spahn et son mari sont récemment devenus parents grâce à une mère porteuse aux États-Unis, alors que, pour des raisons notamment éthiques et morales, les conservateurs en Allemagne sont contre la gestation pour autrui (GPA). Ils ont même récemment voté, lors d'un congrès en février, en faveur du maintien de l'interdiction en vigueur en Allemagne. En 2015, Jens Spahn déclarait même au magazine GQ : ''En tant qu'homme gay et chrétien, j'ai personnellement beaucoup de mal à accepter l'idée d'un utérus de location".
Pour rappel, le principe de la GPA est qu'une femme accepte de porter et de donner naissance à un enfant pour le compte d'une autre personne ou d'un couple. Après la naissance, ce sont alors ces tierces personnes qui deviennent les parents légaux du bébé. Des personnes souffrant d'infertilité ou des couples homosexuels désirant avoir un enfant sont par exemple susceptibles de recourir à cette méthode.
Si la GPA est interdite en Allemagne, elle est autorisée dans la plupart des Etats américains, moyennant un paiement de plusieurs dizaines de milliers de dollars selon les cas, entre les frais médicaux, la rémunération de la mère porteuse et des dépenses juridiques. Selon les sites spécialisés, le coût varier entre près de 100.000 et 200.000 dollars.
La gestation pour autrui est autorisée dans de nombreux pays. En Europe, c'est notamment le cas de la Grèce, qui encadre la gestation "altruiste". Contrairement à la gestation commerciale, la GPA altruiste ne prévoit pas de rémunération pour la mère, mais uniquement des dédommagements pour couvrir les coûts liés à la grossesse.
En Afrique, l'Afrique du Sud dispose par exemple d'un cadre légal pour la gestation altruiste mais uniquement réservée aux citoyens sud-africains. Dans d'autres pays, en l'absence de législation, la GPA est de fait autorisée et pratiquée dans un vide juridique, avec les risques d'abus qui vont avec.
Fin 2025, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l'égard des femmes et des filles, Reem Alsalem, a ainsi plaidé en faveur d'une interdiction mondiale de toute forme de maternité de substitution, qui réduit, selon elle, les femmes à "de simples marchandises" et favorise l'exploitation, notamment parce que les mères porteuses sont principalement issues de milieux marginalisés ou défavorisés.
A ce jour, bien que le marché mondial de la GPA soit en pleine expansion, il n'existe aucun accord international pour l'encadrer.