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La stratégie d'expansion du JNIM au-delà du Sahel

20 février 2026

Jean-Hervé Jezequel, directeur du projet Sahel de l’International Crisis Group analyse la nouvelle stratégie d'expansion du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda.

Des soldats de la 512e compagnie d'infanterie motorisée mènent des exercices d'entraînement dans le désert près de Tombouctou
Des soldats en entraînement pour lutter contre les djihadistesImage : Ben Curtis/picture alliance/AP Photo

“Le Jnim et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel”: c'est le titre d'un nouveau rapport publié aujourd'hui par l'International Crisis Group. Le document rapporte que le (Jnim), affilié à Al-Qaïda, poursuit son expansion au-delà du Sahel vers les pays côtiers ouest-africains. Le groupe djihadiste, poursuit le rapport, hésite toutefois encore à s'y implanter durablement, pour diverses raisons que nous explique Jean-Hervé Jezequel, directeur du projet Sahel de l’International Crisis Group. 

​ Jean-Hervé Jezequel: Il y a une tendance aujourd'hui à voir l'expansion des groupes djihadistes  au-delà du Sahel. Il y a une espèce de tendance à agiter le chiffon rouge de cette expansion. Or, quand on observe dans le​s détail​s comment se fait cette expansion,​ on a une géographie assez étonnante.

Groupe de soutien à l'islam et aux musulmansOn voit certes qu'ils traversent des frontières, qu'ils s'en prennent à des États nouveaux depuis quelques années, par exemple le Bénin et le Togo.​ Mais on voit aussi par exemple des frontières qui les arrêtent.​ La frontière par exemple entre le Mali et le Sénégal, la frontière entre le Burkina et le Ghana.

L'analyse de Jean-Hervé Jezequel

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​DW: Le rapport d​'ICG ​e​xplique egalement  que cette expansion du ​J​NIM constitue un dilemme stratégique pour l'organisation djihadiste. Pourquoi?

​​Jean-Hervé Jezequel​: Pourquoi un dilemme?​ Parce que d'un côté, effectivement, ​occuper des territoires offre un certain nombre d'avantages.​ Vous avez accès à de plus grandes ressources, vous êtes en mesure aussi de montrer votre force.​  Vous êtes capable aussi d'étirer les dispositifs militaires qui sont déployés face à vous aussi augmenter votre réservoir de recrues potentielles. Mais l'expansion, c'est aussi tout un ensemble de contraintes ou de risques que le leadership de l'organisation doit prendre en compte pour le ​JNIM.

Il y a un risque d'éparpillement de ces troupes, un éparpillement de ses ressources, alors même que le ​J​NIM en ses bastions historiques, continue de devoir se battre contre son grand rival du moment, qui est moins les ​États de la sous-région que le rival de l'Etat islamique.


​D​W: C'est pourquoi, face à cette menace, l'International Crisis Group recommande aux États côtiers de privilégier notamment le renseignement et le travail avec les populations locales.

Jean-Hervé Jezequel​: On formule aussi une recommandation clé​: mobilisez votre appareil sécuritaire​. Mais faites le de manière ordonnée et notamment, ne privilégiez pas nécessairement un déploiement trop prématuré des forces militaires. Cela peut être perçu comme une recommandation  un peu controversée​. Certains diront peu réaliste, même au vu de​s expérience​s dans la sous-région.

On s'est rendu compte que le déploiement précoce de ​contingents militaires dans des zones où les djihadistes n'étaient pas nécessairement encore implantés, mais où ils circulaient simplement, n'était pas forcément le meilleur outil​. Au contraire, cela entraînait souvent des frictions avec les populations locales, les communautés locales, souvent suspectées au fond d'entretenir des rapports de connivence avec les djihadistes en circulation.
Et il y avait une sorte de mécanisme de prophétie autoréalisatrice.

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