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Le défi de l'eau accentue les inégalités femmes-hommes

20 mars 2026

Dans le monde, les femmes et les filles consacrent près de 250 millions d’heures, chaque jour, à la collecte de l’eau.

Des jeunes filles prennent de l'eau au robinet.
(Photo d'illustration) Avoir la responsabilité de chercher de l'eau peut empêcher des filles d'aller à l'école.Image : Borgognie/Dreamstime/IMAGO

Ce dimanche, le 22 mars, sera la Journée mondiale de l'eau. À travers le monde, les femmes et les filles consacrent près de 250 millions d'heures, chaque jour, à la collecte de l'eau, selon une estimation établie par les Nations unies. 

Un temps précieux qui, s'il était réduit, pourrait libérer les femmes pour d'autres activités, à commencer par l'éducation.

Au Cameroun, cette réalité reste bien présente, notamment dans plusieurs zones rurales, où l'accès à l'eau potable demeure limité.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, qui met en lumière la question du genre, nous nous intéressons donc à ces femmes, dont le quotidien repose encore sur la corvée d'eau, un travail essentiel qui passe souvent inaperçu.

"C'est notre quotidien"

Le jour n'est pas encore levé à Eyibodo, un village situé dans la région du Centre, au Cameroun.

Sur un sentier encore plongé dans la pénombre, des silhouettes avancent en silence. Parmi elles, Marie Obélé, mère de quatre enfants.

Une casserole d'eau posée sur la tête, elle revient déjà de la rivière. Peu à peu, d'autres femmes apparaissent. Certaines sont accompagnées de leurs enfants.

"C'est notre quotidien, explique Marie. Avant d'aller au champ, il faut laisser de l'eau à la maison. Si je pars tard, la rivière devient sale… Après, je m'occupe des enfants et du champ".

(Photo d'illustration) Les femmes portent souvent le fardeau de la collecte d'eau.Image : Jekesai Njikizana/AFP/Getty Images

Selon l'Institut national de la statistique, 43 % des ménages en zone rurale s'approvisionnent encore à une source d'eau, comme une rivière ou un lac.

Ici, pas de robinet. Il faut marcher plusieurs kilomètres, souvent avec 25 à 30 litres d'eau sur la tête. Ce trajet se répète. Deux fois, parfois trois fois par jour.

"On est habituées, assure Marie. Ma mère faisait ça. Moi aussi. C'est le travail des femmes. Quand on était petites, avant l'école, on devait d'abord aller chercher de l'eau. Parfois, on arrivait en retard".

Chercher de l'eau aux dépens de l'éducation

Dans de nombreux villages, au Cameroun, la corvée d'eau repose encore principalement sur les femmes et les filles.

Une réalité qui pèse sur leur santé, leur temps et parfois leur éducation. Et pour plusieurs partenaires au développement, réduire ce fardeau est devenu une priorité.

Mélanie Choro est la présidente de l'association Cris de l'espoir qui vient de financer un forage dans une autre communauté rurale, située à plus d'une heure de route du village d'Eyibodo.

Elle rappelle que "l'eau, c'est la vie. Alors, vous imaginez, les populations sans eau, surtout les enfants ?  C'est la santé qui est risquée, ce sont les maladies qui sont à portée de main. Fort de ce constat, nous avons pensé qu'il était bon d'apporter, dans la mesure du possible, ce point d'eau potable pour leur permettre de ne plus parcourir de longues distances, dans le but d'avoir un peu d'eau à boire".

Les féminicides en hausse au Kenya

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Selon l'Organisation mondiale de la Santé, l'insalubrité de l'eau et les déficiences du système d'assainissement causent chaque jour la mort d'un millier d'enfants de moins de cinq ans dans le monde.

La libération des femmes de cette tâche harassante devrait aussi passer par une meilleure implication de celles-ci dans les changements nécessaires à mettre en place. En effet, dans le domaine des infrastructures de base, les décisions sont encore largement prises par les hommes qui, eux, ne doivent pas aller chercher de l'eau à la rivière.

(Photo d'illustration) Les femmes portent souvent le fardeau de la collecte d'eau.Image : Jekesai Njikizana/AFP/Getty Images
Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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