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Le combat contre la peine de mort est loin d'être fini

10 octobre 2025

Le 10 octobre marque la Journée mondiale contre la peine de mort. Une occasion de s’interroger sur les avancées mais aussi les reculs constatés.

Des familles devant les cordes des Krugersdrop 4, pendus le 16 juin 1964
L'Afrique du Sud a aboli la peine de mort en 1997Image : Phill Magakoe/AFP

La peine capitale est une sanction encore appliquée dans une quarantaine de pays à travers le monde. Pourtant, des voix s’élèvent pour dire non à cette pratique jugée inhumaine. 

"Non à la peine capitale", c'était le combat de Robert Badinter, pionnier de l’abolition de la peine de mort. Hier, la France lui a fait honneur en le faisant entrer au Panthéon. Un geste que salut le président de la Cour suprême du Bénin, Victor Dassi Adossou, grand défenseur de l'action de Badinter et initiateur en juillet 2025, d'un colloque international sur l'œuvre scientifique de Robert Badinter.

"Je suis heureux, je suis comblé, j’éprouve beaucoup de plaisir à la célébration de cet évènement aujourd’hui 10 octobre précédée par la panthéonisation de ce grand Homme, de cet universaliste, de cet humaniste qu’a été Robert Badinter", se réjouit l'homme de loi.

Robert Badinter a été ministre de la Justice en France de 1981 à 1986Image : Lafargue Raphael/ABACA/picture alliance

La peine de mort n'a pas mis fin à la criminalité

Sur le continent africain, les dynamiques sont contrastées. Plus de 20 pays ont déjà aboli la peine capitale, mais d’autres continuent de la maintenir dans leurs législations. Le secrétaire général de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, MaîtreDrissa Traoré, plaide pour une abolition totale de la peine de mort en Afrique et à travers le monde car nulle part elle n’a résolu la criminalité :

"Nous voulons qu’on arrive à ce que tous les Etats africains l'aient abolie, pourquoi pas tous les Etats à travers le monde. C’est vrai que face à certaines violences dans certains pays au niveau de la République démocratique du Congo en raison de la question de l’est, mais également de la question d’une criminalité, la question de la peine de mort est revenue au premier plan. Cette peine de mort, on se rend compte que ça ne met pas fin à la criminalité dans l’est de la RDC", estime Maître Drissa Traoré.

Commuer la peine capitale en condamnation à vie

Au Niger par exemple, la peine de mort existe toujours dans les textes, même si aucune exécution n’a été enregistrée depuis plusieurs années. A ce jour, 14 détenus condamnés à mort sont enregistrés. Des acteurs de la société civile plaident pour des peines alternatives. C'est ce que soutient Garba Illou Almoctar, coordonnateur national de la coalition nigérienne contre la peine de mort. 

"Nous ne dirons pas de libérer les maisons d’arrêt, de libérer les lieux de détention et de libérer les criminels. On dit de les commuer à des condamnations à vie pour aller vers des travaux d’intérêt général", demande-t-il.

Victor Dassi Adossou : "La peine de mort n'a jamais dissuadé le criminel"

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Dans plusieurs pays, la tentation du rétablissement ou du maintien de la peine capitale persiste au nom de la lutte contre la criminalité. Cependant, cela ne dissuade pas les criminels, estime Victor Dassi Adossou.

"La mise en œuvre de la peine de mort n’a jamais dissuadé le criminel. Il faut penser à d’autres mesures coercitives de répression de la criminalité. Je pense que c’est un recul démocratique, c’est un recul de la justice parce qu'une justice qui tue, ce n’est pas une justice. Mais je reste dans l’espoir que les pays dans lesquels ces appels de pieds se font, ils prendront la juste mesure des choses pour que plus jamais la peine de mort ne revienne dans les législations africaines", espère le Président de la Cour suprême du Bénin.

En ce 10 octobre, la Journée mondiale contre la peine de mort rappelle donc que le combat n’est pas terminé. Entre avancées et résistances, l’Afrique et le reste du monde continuent de se diviser sur cette question de justice et d’humanité.
 

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