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Attaque à Goma : Judith Suminwa promet une enquête

12 mars 2026

La Première ministre de la RDC s'est exprimée au micro de la DW sur l'attaque de drones à Goma qui a coûté la vie à trois personnes, dont une humanitaire française.

Äthiopien Addis Abeba 2025 | Kongos Premierministerin Judith Tuluka Suminwa bei AU-Gipfel
Image : Tiksa Negeri/REUTERS

En visite à New York, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a réagi aux frappes de drones visant la ville de Goma, dans l'est du pays, contrôlée par les rebelles de l'AFC/M23.

Une travailleuse humanitaire, ainsi que deux civils, ont été tués par des "drones d'attaque" en plein centre-ville, a affirmé la Mission des Nations unies en RDC (Monusco)  mercredi (11.03).

"Nous déplorons cette mort parce que c'est quelqu'un qui est venu pour aider la population congolaise et qui a perdu sa vie", a expliqué Judith Suminwa au micro de la DW.

Alors que le ministère français des Affaires étrangères a réclamé une "enquête indépendante et impartiale", déclarant que la France était "prête à y contribuer", la Première ministre congolaise a réitéré que son gouvernement allait "faire les recherches nécessaires, les investigations nécessaires pour pouvoir clarifier exactement ce qui s'est passé à Goma".

Ecoutez l'interview de Judith Suminwa...

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Le gouvernement de la RDC avait déjà assuré mercredi soir qu'il ne "saurait entreprendre une action qui contrarie les valeurs qu'il a toujours défendues", et annoncé une enquête sur "les circonstances" et "l'origine des explosions" pour faire "toute la lumière sur les faits", sans autre détail. 

Ces frappes sont également dénoncées par la rébellion AFC/M23, qui accusent Kinshasa d'en être responsable.

Présente aux Nations unies pour la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies, la cheffe du gouvernement congolais a également évoqué les attentes de son pays vis-à-vis de États-Unis dans la recherche d'une solution durable à la crise avec le Rwanda.

Judith Suminwa a appelé au micro de la DW à maintenir la pression sur le Rwanda et l'AFC/M23, alors que le cessez-le-feu signé entre Kinshasa et Kigali l'an dernier tarde à être respecté sur le terrain.

"Nous avons vu qu'il y a eu une série de sanctions qui ont été émises, notamment les dernières sur l'armée rwandaise et certains hauts gradés de l'armée, a-t-elle affirmé. Pour nous, ce n'est qu'un début. Il faut que ça continue parce que on s'est engagé au cessez le feu. Mais en fait, malheureusement, ce cessez le feu n'a jamais été respecté par le Rwanda et ses supplétifs AFC/M23."

Des habitants de Goma ont manifesté contre les attaques aériennes sur la ville.Image : Jospin Mwisha/AFP

"Nous ne voulons plus être la cible des bombes et des balles."

Sur place, à Goma, suite à l'incident mortel de mercredi, plusieurs habitants ont exprimé leur lassitude face à ces attaques qui touchent désormais des zones urbaines. À Goma, les populations disent vivre dans la peur. Certains sont allés manifester leur colère.

"Lorsque deux éléphants se battent, ce sont les herbes et les arbres environnants qui sont écrasés, explique une habitante à la DW. Nous, la population, nous sommes comme ces herbes et ces arbres. Nous souffrons lorsque deux éléphants se battent. Voilà pourquoi nous demandons la paix. Nous ne voulons plus être la cible des bombes et des balles."

Un autre Gomatien rappelle que "la population est innocente. Pourquoi ces drones ici vers nous ? Nous demandons que la paix soit rétablie. La population est meurtrie, sans banque, sans boulot, sans aéroport. Il faut qu'il y ait des interventions. Il y a des engagements par ci, par là, Doha et tout ça. Pourquoi il n'y a pas la paix ? Pourquoi les gens ne veulent pas se mettre ensemble pour qu'il y ait la paix à Goma ?"

La dégradation brutale du climat sécuritaire dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu continue ainsi de susciter de vives réactions.

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