Kinshasa : les câbles électriques, un danger quotidien

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Dans la capitale de la République démocratique du Congo, les câbles électriques dénudés font partie du paysage urbain. Suspendus au-dessus des têtes ou traînant à même le sol, ils exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution. Malgré la conscience du danger, beaucoup de Kinois s’y sont habitués.
Un risque omniprésent dans les communes
À Limete, Selembao, Lingwala, Lemba, Kisenso ou Barumbu, les fils serpentent entre les maisons, accrochés à des branches ou à des poteaux fissurés.
Par temps de pluie, la situation devient critique : les câbles se retrouvent dans les caniveaux ou sur la chaussée, rendant chaque pas dangereux. Des accidents surviennent régulièrement, parfois impliquant des enfants.
Le drame le plus marquant reste celui du marché de Matadi Kibala, en février 2022, où la chute d’un câble haute tension a coûté la vie à 26 personnes. Quatre ans après, le souvenir reste vif et les habitants réclament des mesures urgentes.
Une obligation légale ignorée
La loi congolaise impose pourtant la sécurité des installations électriques. La loi N°14/011 du 17 juin 2014 oblige les fournisseurs à respecter les normes en vigueur, notamment celles de la Commission Électrotechnique Internationale (CEI), qui exigent l’isolation des conducteurs accessibles au public.
Mais Kinshasa souffre d’infrastructures vétustes, de raccordements anarchiques et de vols de câbles. Les ingénieurs reconnaissent que certaines parties du réseau ne peuvent être isolées, ce qui accentue le risque.
Les habitants appellent l’État à sécuriser les lignes, à privilégier des câbles isolés et à éloigner les zones de vente des lignes à haute tension.