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En RDC, la question de la souveraineté populaire

Emmanuel Kuzamba
10 juin 2026

20 ans après la loi référendaire de 2005, les députés ont adopté un nouveau texte qui encadre les conditions d’organisation du référendum, notamment en cas de réforme constitutionnelle.

Le bâtiment du Parlement à Kinshasa.
La loi sur le référendum a été votée à une très large majorité des députés.Image : Radio Okapi/wikipedia

La réforme est critiquée par l'opposition qui dénonce la volonté du président Félix Tshisekedi d'effectuer un troisième mandat consécutif.

Mais certains voient aussi dans ce texte une consécration de la souveraineté populaire, tandis que d'autres estiment qu'il pourrait entrer en contradiction avec la Constitution.

Pour les défenseurs de la réforme, il s'agit avant tout de renforcer la souveraineté populaire. A Kinshasa, certains juristes, également, n'y voient aucun inconvénient. A l'image de Maria Eloyi. Pour elle, "comme la Constitution, c'est la voix du peuple, du coup, son changement, ou bien sa modification, doit toujours passer par cette procédure de référendum qui représente la voix du peuple. Nul ne peut passer outre cette procédure. Ce n'est pas seulement pour les intérêts politiques, mais je pense que dans notre Constitution, il y a certains articles qui doivent être changés".

Loin des préoccupations réelles de la population

Un argument qui trouve un écho auprès de certains Congolais. Placide Lukeka, un jeune Kinois, dit avoir "toujours attendu ce genre d'initiative parce que j'ai toujours été pour le changement de la Constitution. Ceux qui croient que le changement de la Constitution n'a que des visées politiques se trompent. Qu'on passe à une autre République, cela va apporter un changement positif pour notre pays".

Ecoutez le reportage à Kinshasa...

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À ses côtés, Ange Aloki, n'est pas du même avis. Pour elle, le débat référendaire ne correspond pas aux préoccupations immédiates de la population. "Je n'apprécie pas, dit-elle. Quand je dis qu'il y a d'autres urgences dans le pays, on pourrait mieux se focaliser sur ça. Pourquoi prendre le temps de consacrer beaucoup d'énergie à la veille des élections, deux ans avant les élections ? Pendant tout le temps (qui est passé), ils étaient où pour changer la Constitution ?" 

Débat juridique

Au-delà de l'opportunité politique, le texte ouvre un débat juridique. Plusieurs spécialistes estiment que la souveraineté populaire ne peut s'exercer en dehors du cadre fixé par la Constitution.

Pour cela, Godefroy Mwanabwato, avocat au barreau de la Tshopo, espère qu'après son parcours parlementaire, cette loi sera recalée en partie, ou en entièreté, par la Cour constitutionnelle.

Selon lui, "cette cour pourra extirper de ce projet de loi toutes les dispositions qui vont au-delà du pouvoir reconnu à l'organe législatif de réglementer la matière référendaire".

Dans la sphère politique, l'opposition s'oppose à cette procédure. Ses députés ont quitté la plénière de l'examen de cette loi. Leurs leaders ont appelé à une ville morte, le 3 juin dernier, et à un sit-in, ce vendredi 13 juin.

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