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La Centrafrique veut relancer la production de coton

Jean-Fernand Koena
7 septembre 2026

Jadis fleuron de l'économie centrafricaine, le coton est tombé en désuétude. Le gouvernement souhaite inverser la tendance. Mais il manque des investissements.

Un agriculteur porte un panier rempli de coton
Avec une croissance économique estimée à 2,6 % en 2026, la République centrafricaine entend relancer son secteur productif, notamment grâce au coton (photo d'illustration)Image : transfair/obs/picture-alliance

Le soleil se lève sur Sibut, dans le centre de la RCA. Au micro de la DW, Jean Ndadeké, un agriculteur, évoque ses souvenirs liés au coton : 

"Le coton était pour nous, ici, dans la Kémo une culture de rente qui nous générait beaucoup d'argent. Ici, tout le monde ou presque cultivait le coton et c'est grâce à ça qu'on dotait les femmes, qu'on construisait les maisons et qu'on pouvait supporter les diverses charges. Le coton était tout pour nous, auparavant."

Mais au fil du temps, le sous-investissement de l'Etat, l'absence de subvention, mais aussi les arriérés accumulés dans le paiement des cotonculteurs ont fini par avoir raison de ce pan de l'économie. Jean Ndadeké en témoigne : 

"Le coton était tout pour nous, auparavant" (J. Ndadeké)

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"Il fallait six mois pour payer et arrivé à un moment, il a fallu un an, deux ans, avant que le gouvernement nous paye. Aujourd'hui, le coton a régressé à cause de ces facteurs."

Remettre le secteur en activité

Le gouvernement table donc sur la relance du secteur à travers la remise en activité des usines d'égrainage, comme celle de Guiffa, une ville située au nord de Sibut. 

Dans son plan national de développement, le coton occupe une place de choix. Mais cela implique un investissement massif, comme le rappelle Patrice Kakoro, responsable de la production et de la commercialisation du coton graine à la cellule coton de Sibut.

"Les installations de l'usine sont à plat, détruites par les effets de la guerre. Ce qui fait que nos producteurs ont des difficultés. Parce que l'usine d'égrainage n'est plus opérationnelle et s'il y a de la production, il faut l'amener à Bossangoa."

Des attentes nombreuses

L'Etat met à disposition des cadres et des équipes de conseil et d'accompagnement. Mais ces investissements restent tout de même en deçà des attentes. 

Coton ouest-africain : la filière frappée, mais pas abattue

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Igor Ngaïssé est un agriculteur. Il ne croit pas aux promesses du gouvernement et a décidé de se tourner vers d'autres horizons, avec l'appui de l'Union européenne : 

"Depuis que la culture du coton semble nous quitter, on a attrapé la culture vivrière, basée sur le maïs. C'est ça qui nous donne un peu de tonus. Evidemment Papeur (Programme d'appui à la promotion de l'entrepreneuriat en milieu urbain et rural, ndlr) a reçu le financement de l'Union européenne et nous a appuyé dans la culture vivrière, particulièrement du maïs. Ces derniers temps, on a ajouté l'arachide, le niébé et le manioc."

Pour retrouver la place qui lui revient parmi les pays producteurs, le coton centrafricain devra donc bénéficier d'investissements publics importants, indispensables à sa renaissance.

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