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La crise de l'essence perdure à Bamako

Mahamadou Kane
5 novembre 2025

L'essence et le gasoil restent une denrée rare dans la capitale malienne. Ses habitants appellent les autorités militaires à renforcer la sécurité des circuits d'approvisionnement.

Vente d'essence sur un stand de rue à Bamako
Les bouteilles et les stations d'essence restent désespérément vides à BamakoImage : AFP

Depuis début septembre, les attaques des djihadistes du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), dirigé par Iyad Ag Ghaly, se concentrent sur les principaux axes routiers du Mali, perturbant ainsi le circuit d'approvisionnement en carburant.

Ce blocus provoque une pénurie d'essence et de gasoil sans précédent depuis plusieurs semaines. Face à cette situation, un conducteur de bus, qui préfère rester anonyme, exprime son inquiétude.

"Ça ne rassure pas. Nous n'avons ni essence, ni gasoil pour nos véhicules. C'est une situation complexe. Le fait que les terroristes bloquent nos routes est ce qui est le plus inquiétant. Il faut que les autorités y mettent fin pour qu'on en finisse avec cette crise. Autrement, des chauffeurs sont tués ou enlevés, ce qui fait que beaucoup ont peur d'emprunter la route. C'est cela le problème", assure-t-il au micro de la DW.

Ousmane, un mécanicien, s'étonne également de la précision avec laquelle les djihadistes mènent leur offensive. "Les djihadistes ont annoncé et mis en place un blocus sur l'importation du carburant. C'est ce qui m'inquiète. Nous sommes tous affectés par cette situation. Je pense que l'armée doit renforcer sa présence, voire doubler son effectif dans les zones de conflit, pour nous sécuriser", affirme-t-til.

Appel au calme

"Nous sommes tous affectés par cette situation" (Ousmane, mécanicien)

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Mais pour Ibrahim Aya, un leader d'opinion, les djihadistes sont, selon lui, "à bout de souffle". Il estime que s'attaquer aux civils constitue un aveu d'impuissance de la part du JNIM. Ce proche des autorités militaires au pouvoir appelle à une réconciliation nationale, en soulignant la nécessité du pardon, y compris pour les exilés et les détenus politiques.

"Nous demandons pardon au nom de tous ceux qui sont partis pour des raisons politiques. Pardon au nom de la solidarité africaine, au nom de la solidarité malienne, de la tradition malienne, mais aussi au nom de la Constitution malienne", dit-il.

"Nous espérons que les autorités pourront examiner chaque cas afin que certains de nos compatriotes retrouvent leur liberté."

Lundi (03.11.25), pour la première fois, le président de la transition malienne, le général Assimi Goita, s'est exprimé sur la pénurie d'hydrocarbures qui frappe le pays. Il a appelé à l'unité nationale et au calme en ces termes : "Évitons la panique. C'est dans la division que nos adversaires espèrent triompher."