La fête de Tabaski sous tension pour des déplacés à Bamako
26 mai 2026
Dans un site presque entièrement dévasté, se dresse l'espace éducatif pour enfants, dénommé "le Centre amis des enfants" du camp informel des déplacés de Faladiè. Ici, quelques familles déshéritées, ayant fui les combats dans leurs localités, y ont trouvé refuge, en attendant leur relocalisation.
En cette veille de la fête de Tabaski, les conditions demeurent précaires sur place. Aminata a fui, en 2019, le conflit dans le cercle de Bankass, dans la région de Bandiagara, située dans le centre du pays.
La mère de quatre enfants s'est retrouvée, après l'évacuation en avril dernier du camp informel des déplacés de Faladiè, dans ce centre qui, à la base, n'offre pas de conditions d'hébergement. Elle se prononce sur les besoins des déplacés internes.
"Le fait de ne pas pouvoir avoir un nouveau site adapté nous affecte sur le plan environnemental. En plus des soins de santé, ce dont nous avons le plus besoin, maintenant, ce sont des vivres, du riz, de l'huile, voire des habits de fête pour nos enfants", déplore Aminata.
"On gagnait beaucoup d'argent avec ces activités"
A quelque 500 mètres de là, Fousseyni et Oumar observent, depuis leur charrette, l'abattage d'un mouton par un boucher. Les deux jeunes éleveurs de 14 et 15 ans se préparent à démembrer les restes de la bête, moyennant la somme de 2, 000 francs CFA.
Selon Fousseyni, ils ne connaissent que ce travail. La mélancolie se lit sur son visage lorsqu'il évoque la fête de Tabaski.
"L'année dernière, à pareil moment, on vendait des moutons. On conduisait aussi des bœufs chez leurs acquéreurs. On gagnait beaucoup d'argent avec ces activités. Mais là, vous le constatez, nous sommes les bras ballants. C'est très dur. Mais on continue de venir ici quand même pour voir si nous pouvons obtenir quelques jetons."
Sous la supervision de la Direction nationale du développement social, des organisations humanitaires locales et internationales, comme le Samu Social Mali ou l'Unicef, continuent de surveiller la situation des enfants du centre éducatif et ludique du site évacué de Faladiè et plus globalement, des 300 familles qui vivaient sur place.
Mais pour l'heure, aucun autre espace aménagé n'a été désigné en vue de leur relocalisation.