Le mandat de la Minurso n'est pas prolongé au Sahara occidental
2 novembre 2026
Après 35 ans de présence dans le Sahara occidental, la Minurso a officiellement cessé ses activités. Le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas parvenu à un accord sur la prolongation de cette mission, suite au rejet mutuel de propositions russe et américaine.
Le Maroc continue de contrôler 80 % du territoire, les 20 % restants sont administrés par les indépendantistes du Front Polisario.
Blocage au Conseil de sécurité
La Minurso a pris fin à la suite d'un blocage diplomatique au Conseil de sécurité. Les États-Unis ont proposé de prolonger la mission, tout en faisant du plan d'autonomie marocain de 2007 la base des futures négociations, sans mention d'un référendum d'autodétermination.
Le Maroc a proposé ce plan en 2007 et celui-ci est soutenu par plus d'une centaine d'États, dont l'Allemagne. Il consiste à accorder une plus large autonomie administrative, juridique et économique au Sahara occidental, tout en maintenant le territoire sous la souveraineté exclusive du Royaume du Maroc.
La Russie a opposé son veto, jugeant cette approche trop "unilatérale".
Moscou a ensuite proposé de renouveler la Minurso sans changement et de maintenir le principe du référendum. Mais les États-Unis ont voté contre et le texte n'a pas obtenu les neuf voix nécessaires.
Le Maroc se félicite de la fin de la mission sous sa forme actuelle et espère clore le dossier des "provinces du Sud". De leur côté, l'Algérie et le Front Polisario ont salué le veto russe.
Ce qu'était le mandat de la Minurso
La mission principale de la Minurso était de permettre l'organisation d'un référendum permettant aux Sahraouis de choisir entre l'indépendance et l'intégration au Maroc, en vertu d'un plan accepté en 1991 par le Maroc et le Front Polisario, sous l'égide de l'Onu. La mission onusienne devait également surveiller le cessez-le-feu et soutenir les efforts diplomatiques des Nations Unies.
L'Onu redoute toutefois une reprise des hostilités en l'absence de Casques bleus. L'envoyé de l'Onu, Staffan de Mistura, reste en poste pour maintenir le dialogue politique.
Les populations sahraouies
Environ 173 000 réfugiés sahraouis vivent toujours dans des camps près de Tindouf, en Algérie, dans une situation très précaire.
Les neuf prisonniers politiques sahraouis du groupe protestataire de Gdeim Izik ont cessé, courant octobre, la grève de la faim qu'ils avaient entamée en septembre dernier. Ils réclament l'application de décisions de l'Onu demandant soit leur libération, soit leur rapprochement de leurs familles.
Par ailleurs, deux étudiants basés en Norvège ont été expulsés, la semaine dernière, par les autorités marocaines de Laâyoune, l'une des principales villes du Sahara occidental. Les deux jeunes gens s'étaient entretenus avec des défenseurs sahraouis des droits humains et des proches de prisonniers politiques.