La guerre en Iran influencerait le prix du carburant au Mali
1 avril 2026
Conséquence directe de cette augmentation : la flambée des prix des transports. Pour le trajet Bamako–Kéniéba, distant de plus de 400 kilomètres, le voyageur doit désormais débourser 12 000 F au lieu de 9 000 F, soit une augmentation de 3 000 FCFA.
Même situation pour un trajet Bamako–Sikasso, dans l’extrême sud du pays, à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Une situation qui pénalise les voyageurs, déplore ce passager d’un autocar ayant souhaité garder l’anonymat :
Très surpris par cette augmentation. Lorsque je suis venu à la gare, habituellement, on prenait le ticket de transport à 6 000 F, mais je viens de le payer 9 000 FCFA. C’est incroyable, car il n’y a que 370 kilomètres entre Sikasso et Bamako. Certes, il y a eu une hausse du prix du carburant, mais ajouter 3 000 F sur le prix du ticket, je trouve cela anormal et étonnant.
Une situation qui affecte d'autres secteurs
Au-delà des transports, d’autres secteurs seront également touchés par cette hausse, explique l’économiste, Modibo Mao Makalou :
"Le prix des produits alimentaires va augmenter, celui des intrants agricoles également. Il y a aussi le coût du transport, car nous sommes un pays enclavé et nous importons plus que nous n’exportions. D’ailleurs, nos principales importations sont des produits pétroliers. L’année dernière, le Mali a importé plus de 1 200 milliards de FCFA de produits pétroliers et de leurs dérivés".
Sur la télévision nationale ORTM 1, Diakaridia Dembélé, président-directeur général de l’OMAP (Office malien des produits pétroliers), a déclaré que cette augmentation est liée à la crise énergétique qui secoue actuellement le Moyen-Orient et perturbe le marché de l’or noir.
L'État tente de rassurer la population
Mais à Bamako, les autorités veulent rassurer. Selon Diakaridia Dembélé, l’État garantira l’approvisionnement continu du pays en carburant et veillera à protéger le pouvoir d’achat des populations.
Il indique que l’État a fait "le nécessaire pour éviter le pire" :
"L’État a consenti des efforts exceptionnels en réduisant significativement les taxes sur les produits pétroliers, à hauteur d’environ trois milliards de FCFA par mois. Sans ces efforts, le prix à la pompe dépasserait 1 000 FCFA pour l’ensemble des produits".
Le président-directeur général de l’OMAP précise enfin que la situation devrait revenir à la normale dès que le contexte géopolitique mondial le permettra.