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La Monusco défend son processus de démobilisation dans l'est

3 août 2026

Trente-neuf Congolais, dont des femmes et des enfants, ont été remis, à la fin de la semaine dernière, aux rebelles de l'AFC/M23 à Goma, après avoir été envoyés au Rwanda.

Une femme traverse la rue à Uvira
Parmi les personnes rentrées au Congo figurent des femmes et des enfants qui ne correspondent pas au profil des anciens combattants habituellement pris en charge par le programme de la Monusco.Image : AFP

Ils sont 39 à être revenus en République démocratique du Congo. Hommes, femmes et enfants ont franchi la frontière de la Grande Barrière, entre le Rwanda et la RDC. Certains portaient un sac sur le dos. D'autres tenaient un enfant dans leurs bras. Une femme avançait difficilement, appuyée sur des béquilles.

Tous ont été remis aux autorités de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, sous le contrôle des rebelles de l'AFC/M23.

Polémique autour de la remise de présumés FDLR au Rwanda

03:33

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Ces personnes avaient été transférées au Rwanda dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDR-RR) de la Monusco, la Mission des Nations Unies en RDC. Elles avaient été identifiées comme membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Témoignage à charge

Certaines affirment avoir reçu de l'argent de la Monusco pour accepter de se rendre au Rwanda. La DW a recueilli plusieurs témoignages sous le contrôle des rebelles de l'AFC/M23, mais n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante la véracité de ces déclarations.

Parmi ces témoignages figure celui de Rachel Odette. Personne vivante avec un handicap, elle affirme avoir été attirée par la promesse d'une aide financière : "J'étais chez moi, le soir, lorsque des agents de la Monusco sont venus me voir. Ils m'ont dit : "Nyirahabimana, nous allons te montrer où se trouve un trésor qui te permettra de vivre pendant plusieurs années. Tu recevras de l'argent de la Monusco ainsi que d'autres fonds au Rwanda. Tu auras 1,5 million." Quand j'ai entendu cela, je me suis dit que, puisque je souffre d'un handicap, je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion. Très tôt le matin, on m'a appelée à Saint-Benoît, puis les agents de la Monusco nous ont conduits jusqu'à Mubambiro."

"Ce processus ne prévoit en aucun cas le versement d'argent" (Kady Lo, Monusco)

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Démenti catégorique

La Monusco dément ces accusations et rappelle qu'elle n'a joué aucun rôle dans le retour en RDC des 39 Congolais précédemment transférés au Rwanda. Sa porte-parole, Kady Lo, rejette catégoriquement toute allégation de paiement dans le cadre du processus de désarmement.

"Depuis plus de 25 ans, la Monusco est engagée dans la démobilisation et la réintégration des ex-combattants en République démocratique du Congo, conformément à son mandat. Ce processus ne prévoit en aucun cas le versement d'argent ni la promesse d'une quelconque rémunération."

Accusations peu crédibles

Les analystes politiques jugent également peu crédibles les accusations selon lesquelles des habitants auraient été payés pour se faire passer pour des combattants des FDLR, les Forces démocratiques de libération du Rwanda.

Josaphat Musamba, doctorant à l'Université de Gand, en Belgique, rappelle que la Monusco participe depuis de nombreuses années au désarmement, à la démobilisation et au rapatriement des FDLR sans qu'un tel incident n'ait été signalé.

Kinshasa affirme avoir obtenu la reddition des FDLR, groupe armé actif dans l'est de la RDC et composé notamment d'anciens responsables hutu impliqués dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.Image : Lionel Healing/AFP

"La Monusco, qui a contribué au rapatriement de plus de 100.000 réfugiés rwandais, dont d'anciens combattants des FDLR, ne prendrait pas le risque de renvoyer des personnes sans avoir procédé aux vérifications nécessaires. Certains responsables du M23 chercheraient à ternir l'image d'une mission de l'ONU qui a joué un rôle crucial dans le désarmement, la démobilisation et le rapatriement des réfugiés rwandais vers leur pays d'origine."

L'AFC/M23 affirme, pour sa part, que ces 39 personnes sont des civils qui auraient été présentés à tort comme des combattants des FDLR lors de leur transfert au Rwanda. Peu après leur arrivée à la frontière, elles ont été conduites vers leurs villages d'origine afin de retrouver leurs familles.

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