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La révolution des supermarchés en Afrique

Audrey Parmentier
29 mars 2018

Les journaux commentent le boom des supermarchés en Afrique, mais aussi la remise pour la première fois du prix Henrike Grohs. Ils racontent aussi l'histoire à succès d'une entreprise de panneaux solaires basée au Mali .

Elfenbeinküste Abidjan Supermarkt
Image : DW/S. Blanchard

Eleanor Munkondia met un pot de mayonnaise dans son caddie où s'empilent déjà des paquets de riz, de pâtes et de chips, peut-on lire dans la Süddeutsche Zeitung. "Les supermarchés, c'est moderne. Et puis on y trouve de tout, y compris les produits de marque. Et la plupart du temps c'est moins cher qu'ailleurs" explique l'enseignante qui réside à Chipata dans l'Est de la Zambie. Ce comportement, écrit le quotidien de Munich, est de plus en plus fréquent dans les pays en développement où l'on construit actuellement des supermarchés partout. Mais si cette nouvelle forme de consommation est considérée comme une révolution, explique la Süddeutsche Zeitung, elle bouleverse les habitudes alimentaires de ces pays.

Et de donner comme exemple les Kényans qui font régulièrement leurs courses dans les grandes surfaces, et qui sont plus souvent en surpoids que les autres. Ils sont également plus exposé au diabète. La faute aux aliments transformés, aux boissons sucrées et aux snacks.

Les avantages et les inconvénients des supermarchés

Un supermarché à Kampala en OugandaImage : presse

Mais dans le même temps, constate le journal, ces supermarchés contribuent à réduire la malnutrition infantile, parce qu'ils proposent des produits plus propres et que la chaîne du froid est respectée, ce qui n'est pas le cas sur les marchés traditionnels.

Autre point abordé par la Süddeutsche Zeitung: le fait que les grandes surfaces ne travaillent pas volontiers avec les petits producteurs...excepté quand elles n'ont pas le choix. Au Kenya, cela a conduit à une augmentation de 50% des revenus ainsi qu'une amélioration considérable de l'alimentation.

Mais là encore, il y a des risques. Que les supermarchés achètent tout le stock de légumes et ne payent aux petits producteurs que ce qu'ils ont vendu. La solution serait que les petits producteurs comprennent les contrats qui leur sont proposés, affirme la Süddeutsche Zeitung. Et qu'ils soient en mesure de fournir régulièrement leurs produits aux supermarchés.

Et le quotidien de conclure: la révolution des supermarchés peut encore être remodelée. Mais le temps presse.

Le prix Henrike Grohs

La tageszeitung, la taz, revient sur la remise du prix Henrike Grohs pour les artistes africains. 

Il a été décerné pour la première fois à Abidjan en Côte d'Ivoire. Cette récompense, explique le journal, a été créée par l'Institut Goethe et par la famille d'Henrike Grohs, la directrice de l'institut Goethe d' Abidjan, qui a été tuée il y a deux ans dans l'attaque de Grand-Bassam. Le prix, qui est doté de 20 000 euros, est destiné à poursuivre son travail de soutien aux artistes africains. 

Hommage à Henrike Grohs à AbidjanImage : DW/S. Blanchard

Il a été décerné à Em'kal Eyongakpa, un artiste qui travaille avec les sons. C'est un jury prestigieux qui a désigné l'heureux élu, écrit la taz. Qui cite l'une de ses membres Koyo Kouoh, directrice d'un des plus grands centres artistiques du continent: ce prix comble un vide important, affirme-t-elle. Il n'y a tout simplement pas de prix de cette ampleur pour les artistes africains. Or, explique Koyo Kouoh, des prix bien dotés sont indispensables pour assurer leur existence, et rendre possible une création artistique indépendante.

Solektra, ou une histoire à succès

Une façade orange vif, de grandes fenêtres modernes, au milieu des entrepôts de ferraille et de chaudronniers dans une zone industrielle de Bamako, le siège de Solektra détonne, peut-on lire dans la Süddeutsche Zeitung. Solektra, c'est l'un des pionniers de l'énergie solaire, certainement le plus grand et le plus éminent d'Afrique, selon le quotidien. Sur les murs de l'entreprise, des photos de visiteurs célèbres, des pontes de l'économie, des présidents. On n'est pas dans un magasin d'import-export, constate le reporter Jonathan Fischer, mais bien au siège d'une société qui propose de l'énergie solaire pour tous avec l'initiative "Akon Lighting Africa".

Au Mali, sous un lampadaire à l'énergie solaireImage : AFP/Getty Images/H. Kouyate

Son chef Samba Bathily explique que 622 millions de personnes sur le continent n'ont pas de prises électriques, d'interrupteurs ni de lampadaires. Et que 3 millions d'Africains meurent chaque année des suites d'empoisonnement et d'incendie.

La Süddeutsche Zeitung retrace le parcours de cet entrepreneur de 46 ans qui a vécu entre le Mali, la France et la Belgique.  Selon lui, le plus grand obstacle, c'est le financement, parce que les gouvernements africains ne peuvent pas gérer plusieurs projets en même temps. Samba Bathily s'est donc tourné vers les banques chinoises.

Pas question pour autant de faire de la charité. "La charité ne marche pas ici, explique-t-il, quand les gens s'habituent à ce que l'on fasse des cadeaux, ils ne font plus rien de leur propre initiative."

Plutôt que de distribuer des aumônes, l'objectif est de permettre aux gens de subvenir eux-mêmes aux besoins de leur famille. Samba Bathily, précise le quotidien,  a déjà équipé 1500 villages africains en panneaux solaires, dans 17 pays différents, et créé ainsi 5000 postes. Et l'entrepreneur ne compte pas s'arrêter en si bon chemin: l'année prochaine, la toute première usine de production de lampadaires solaires en Afrique sera mise en service dans la cour de sa société.

 

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