Tchad : pénurie de pâturages et attaques d’éleveur
26 octobre 2026
Dans ce champ de Liwa, Mahamat Abakar Adji surveille une parcelle de fourrage. Âgé de 47 ans, marié et père de douze enfants, l'éleveur tchadien explique que cette activité a changé son quotidien. Il explique qu'"avant, c'était difficile. Nous avons perdu beaucoup de bétail à cause du manque d'herbe."
Mais "depuis que je cultive du fourrage, je nourris mes animaux sans problème. Je ne vais plus loin pour les faire paître. Je suis très conten.", dit Mahamat Abakar.
Grâce à cetteproduction, il réduit les déplacements de son troupeau et limite ainsi les risques liés à l'insécurité, tout en constituant une réserve alimentaire pour la saison sèche.
Le fourrage représente également une nouvelle source de revenus. Pour Mahamat Abakar Adji : "La culture du fourrage me rapporte aussi de l'argent. Je peux nourrir mes animaux et vendre une partie de ma production à d'autres éleveurs. Cela m'aide beaucoup à subvenir aux besoins de ma famille."
Le CICR vient au secours
De son côté, Fidèle Houroupou, agronome au CICR explique que l'objectif de son organisation est d'aider les éleveurs à s'adapter à la diminution des pâturages et aux effets du changement climatique.
"L'impact se fait déjà sentir auprès des éleveurs. Avant, il était rare de trouver des compléments alimentaires comme le fourrage. Grâce à cette culture, les éleveurs peuvent nourrir leurs animaux. Cela contribue à augmenter la production de lait, qui peut être donné aux enfants. Ceux qui produisent du fourrage peuvent également en vendre, ce qui constitue une source de revenus. Notre objectif est de promouvoir cette culture dans toute la zone d'intervention du CICR, afin de permettre aux éleveurs de mieux s'adapter au changement climatique et au phénomène El Niño."
Outre le CICR, d'autres initiatives d'adaptation et de résilience pastorale sont menées par des ONG et des partenaires tels que la Coopération allemande, la GIZ. Ces initiatives financent notamment la création de points d'eau stratégiques et l'aménagement de couloirs de transhumance. L'objectif est de sécuriser les déplacements des éleveurs, afin qu'ils ne dépendent pas uniquement des rives en retrait du lac.