Le long chemin pour assurer la sécurité dans les mines
24 août 2026
En République centrafricaine, le glissement de terrain, mardi 18 août, dans la mine d'or artisanale de Zamboyé, dans l'ouest du pays, a fait plusieurs dizaines de morts.
Les autorités centrafricaines évoquent 49 morts - dont des Centrafricains, des Camerounais et des Tchadiens - mais les estimations locales avancent un bilan de plus d'une centaine de victimes. La mine a été provisoirement fermée, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver d'éventuels survivants.
En attendant, ce drame relance une question essentielle : comment rendre les mines plus sûres et éviter que de tels accidents ne se reproduisent ?
Éléments de réponse d'Amadou Bah, directeur exécutif de l'ONG Action mines Guinée (Amines), qui travaille notamment à la sensibilisation et à la prévention des risques dans le secteur minier en Guinée.
Retranscription de l'interview :
Amadou Bah : En fait, la première des choses d'abord, c'est créer les couloirs d'exploitation. Ça c'est connu de tout le monde, c'est que, dans le secteur, il faut délimiter les couloirs, se dire que voilà, ici c'est un couloir d'exploitation artisanale. Alors à ce niveau, on met en place une unité d'encadrement composée des agents de l'administration, notamment minière, de l'administration de l'environnement, mais également des spécialistes en santé et sécurité, également des agents de sécurité pour le respect des règles de sécurité. Ça, c'est le minimum.
DW : En voyant le drame qui s'est passé récemment en Centrafrique, c'était une grande mine à ciel ouvert. Il y avait aussi beaucoup de jeunes, beaucoup de mineurs. Des pays comme la Côte d'Ivoire ou bien votre pays, la Guinée, essayent de prendre des mesures pour éviter que les mineurs se retrouvent dans ces mines, mais ce n'est pas ce qu'on a vu en Centrafrique. Comment empêcher que ce drame, avec des enfants, se répète ?
Amadou Bah : Il faut, à mon avis, prendre une décision politique courageuse. Celle de catégoriser ceux qui sont éligibles à l'exploitation artisanale, soit de l'or ou encore d'autres minéraux. Ça, c'est important à faire.
DW : Est-ce qu'il y a quand même un pays, un État qui arrive à bien organiser son secteur minier pour éviter ce genre de drame et réduire significativement les accidents ?
Amadou Bah : En Mauritanie, ils ont mis en place un mécanisme de recensement des exploitants et surtout de les accompagner à travers les services de l'Etat pour leur permettre de mieux encadrer leur activité. Donc, il y a la présence des services de l'Etat au niveau de ces mines et qui font un contrôle. Donc ça, c'est une pratique qui n'est pas parfaite pour le moment puisque il y avait des failles encore, mais je pense que c'est un début d'encadrement de ce type qui pourrait être amélioré et qui devrait être expérimenté plutôt dans la plupart des pays.