Le SPD vire à gauche
29 octobre 2007
« De la dynamite pour Berlin ». Ainsi décrit la Frankfurter Rundschau le résultat du congrès des sociaux-démocrates dans sa Une ornée d’une photo montrant juste dans un coin la tête de Kurt Beck sur fond rouge. Deux mains dorées s’empoignent dans une couronne de feuille de chêne de la même couleur sous laquelle on peut lire le slogan : L’unité rend fort. Le SPD a adopté de nouvelles positions, analyse le journal selon lequel les résolutions entérinées à Hambourg seront difficiles à mettre en œuvre avec l’Union.
Et pour cause si l’on en croit la Süddeutsche Zeitung, le SPD s’arroge un profil au détriment des conservateurs. Les socio-démocrates s’offrent un nouveau programme fondamental et attaquent la chancelière, résume le quotidien en première page. Un changement de cap qui se traduit non seulement par des décisions dans le domaine de la politique sociale et de transport mais aussi par la fin de la querelle interne. Angela Merkel doit réagir prévient le journal dans son commentaire : au-delà de la réforme de la Deutsche Bahn dont la privatisation s’annonce ardue, elle ne peut se contenter d’estampiller les exigences du SPD comme un écart à gauche pour occuper elle-même le centre, il lui faudra expliquer pourquoi une apparente équité sociale produit des injustices.
C’était un congrès des ambivalences, estime pour sa part la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le SPD, certes, souhaite revenir à ses racines mais sans régression. Il désire être à nouveau proche des gens mais sans tomber dans le populisme comme la nouvelle Gauche. Et naturellement, il aspire à conserver le pouvoir mais s’escrime à ne pas rendre la vie trop facile aux gouvernants issus de ses propres rangs.
Même son de cloche dans la Tageszeitung de Berlin qui titre : « Le SPD joue à la nouvelle gauche » et remet en cause la teneur de la réorientation des socio-démocrates, arguant qu’elle est née de la crise interne. Pour le quotidien une chose illustre bien l’indécision du débat à Hambourg : ovation pour le discours terne de Kurt Beck, et ovation pour la brillante allocution de son antipode, Franz Müntefering.