Le vêtement traditionnel en vogue au Bénin
10 août 2026
Alors que la fast fashion et les fripes gagnent du terrain sur le continent, certains pays conservent une forte culture du vêtement traditionnel. Ainsi, l'habillement local continue d'occuper une place centrale dans la vie quotidienne, l'économie et l'identité culturelle, au Bénin.
La préfecture de l'Atacora a même tenté, en vain, d'instaurer le port de vêtements locaux un jour par semaine. La mesure a dû être retirée car les autorités nationales ont estimé que la décision ne devait pas être prise au niveau local.
Comme Yasmine Kpataclo, étudiante en troisième année de Droit à l'Université d'Abomey-Calavi, de nombreux Béninois préfèrent les tenues traditionnelles pour affirmer leur identité : "C'est une manière pour moi de montrer fièrement que j'ai une origine béninoise. C'est aussi une manière de mettre en valeur ce que font nos artisans. On ne peut pas tout le temps privilégier tout ce qui vient de l'extérieur”.
Un choix délibéré
Aucune loi ne l'impose. Et pourtant, dans l'administration comme lors des événements festifs, ce choix est ancré dans les habitudes.
Et pour préserver cette identité, de nombreux créateurs redoublent d'imagination. Autour des pagnes tissés comme le "kanvô”, encore appelé Asô Oké ou les tissus "indigo”, des styles qui mêlent tradition et modernité séduisent et même les plus jeunes.
Depuis six ans, Jules César, tisserand à Abomey-Calavi le constate : "Aujourd'hui, on a développé tous les modèles. Peu importe ce que tu veux coudre aujourd'hui avec le pagne tissé, tu peux le faire”.
Le plus pour l'économie locale
Ces tenues participent non seulement à la promotion de l'identité culturelle, mais aussi à l'économie locale.
Mais le travail est artisanal, donc coûteux. Ce qui est un problème pour certains consommateurs.
Benn Michodigni est le secrétaire à la communication de l'Association béninoise pour la défense du consommateur. Sa structure (ABDC) plaide pour des appuis de l'Etat. Il estime que "l'Etat pourrait faire des accompagnements à travers des mesures d'appui, des redressements fiscaux ou des mécanismes permettant de réduire le coût des intrants”.
Au Bénin, les tenues cousues localement ont de la valeur aux yeux de la population. La zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) est une opportunité que les artisans pourraient saisir, mais elle ne ne transforme pour le moment le coton qu'en tenues destinées à l'exportation.