Les JOJ Dakar 2026 dans les starting-blocks
30 octobre 2026
Le Sénégal accueille à partir de ce samedi [31.10.2026], des JOJ Dakar 2026. Ces Jeux olympiques de la jeunesse sont les premiers à se tenir en Afrique. Pour le Sénégal, ils sont source de fierté, mais ils soulèvent aussi des questions politiques sur leur coût et le respect des droits humains.
Une première historique
Du 31 octobre au 13 novembre, le Sénégal accueille la première édition de l'histoire des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) sur le sol africain.
"Grâce à ces jeux, le sport africain pourra mieux se développer. Comme dans les autres pays", s'enthousiasme Aicha Diop, heureuse de représenter son pays, le Sénégal, pour la première fois, à ce niveau de compétition.
Cette judoka fait partie des près de 2.700 athlètes du monde entier, âgés de 15 à 17 ans, qui prendront part à ces JO de la jeunesse.
153 épreuves, dans 25 disciplines sportives, réparties entre trois villes - Dakar, Diamniadio et Saly. Avec pour seul slogan : "L'Afrique accueille, Dakar célèbre".
Kirsty Coventry, présidente du CIO, a hâte d'assister à la cérémonie d'ouverture, prévue samedi, à partir de 18h30, heure locale : "Je pense que vous allez tous assister à un spectacle extraordinaire. Les infrastructures sont vraiment remarquables et je crois que les athlètes vont nous offrir des performances incroyables", se réjouit-elle.
Le comité d'organisation promet également de belles rencontres entre les jeunes participants. Et de la découverte, puisque plusieurs disciplines font leur apparition aux Jeux Olympiques de la jeunesse, comme le baseball à cinq, le kung-fu et la lutte de plage, une spécialité sénégalaise.
Présence contestée d'athlètes russes
Au Sénégal, nombreux sont ceux qui, préoccupés par le coût élevé de la vie et le chômage, considéreront ces Jeux comme une dépense inutile.
Pour les autorités sénégalaises, en revanche, ces projets constituent une opportunité d'investissement à long terme dans la jeunesse du pays, ainsi que dans les infrastructures.
Elles espèrent également que cela fera de Dakar une destination touristique de premier plan.
Mais les critiques les plus vives émanent des défenseurs des droits humains.
Il y a d'abord la participation annoncée d'athlètes russes sous leurs propres couleurs, après que le Comité international olympique (CIO) a levé leur suspension en juillet.
Néanmoins, chaque fédération internationale de sport peut décider d'autoriser ou non la participation des athlètes russes.
World Athletics, par exemple, maintient son interdiction, tandis que le judo et la natation ont autorisé les Russes à reprendre la compétition sous leur drapeau et avec leur hymne national.
Selon le Comité olympique russe, 13 athlètes participeront aux Jeux de la jeunesse au Sénégal, accompagnés de dix entraîneurs.
La loi anti-LGBT suscite des inquiétudes
Human Rights Watch (HRW) appelle aussi les autorités sénégalaises à revoir leur position vis-à-vis de la communauté LGBTQ+.
Larissa Kojoué, de HRW, dénonce la loi répressive, anti-LBGTQ+, entrée en vigueur en mars dernier, malgré les engagements internationaux de l'Etat du Sénégal en matière de droits :
"Quand vous accueillez le monde entier, vous ne pouvez pas dire "Vous êtes les bienvenus dans notre pays, sauf ces personnes-ci, ou ces personnes-là”. La législation anti-LGBTQ+ et la répression actuelle sont en contradiction avec le mouvement olympique, avec la Charte olympique."
Olivia Nloga, membre du comité exécutif du Comité d'organisation des JOJ, se veut rassurante. "Toutes les populations d'athlètes seront accueillies à Dakar, dans le respect de la Charte olympique et dans le respect de notre contrat d'hôte", assure-t-elle.
Au-delà de ces préoccupations, le défi de ces JOJ sera aussi de montrer aux yeux du monde que l'Afrique est prête à accueillir un jour une édition senior des Jeux olympiques.