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Le regard des Maliens du Sénégal

17 décembre 2025

Les défis sécuritaires et économiques, auxquels le Mali est confronté, préoccupent la diaspora établie à Dakar.

Senegal Dakar 2024 |Le monument de la Renaissance est censé symboliser la solidarité et l'avenir radieux de l'Afrique (illustration)
Les jeunes Maliens de Dakar gardent espoirImage : Cem Ozdel/Anadolu/picture alliance

Les Maliens de Dakar assistent, impuissants, à la recrudescence des attaques djihadistes, à la dégradation des conditions de vie et à la restriction des libertés publiques dans leur pays.

Appel au vivre-ensemble

En pleine discussion avec ses amis, Mamady Camara, président de l'association des élèves, étudiants et stagiaires maliens du Sénégal, regrette la radicalisation religieuse à laquelle il assiste dans son pays.

"Actuellement, dit-il, il y a une crise sécuritaire, c'est évident. Mais il y en plus des idéologies religieuses qui diffèrent. Avant, tout le monde pouvait exercer sa religion en paix, tout le monde avait sa croyance depuis la charte de Kouroukan Fouga (ou charte du Mandé, ndlr), qui a été proclamée en 1236. Si les séparatistes, aujourd'hui, pouvaient tolérer le vivre-ensemble, alors, que vous soyez Tamasheq, Dogon, ou d'une autre ethnie, ça éviterait beaucoup de problèmes. Car le Mali souffre d'un problème d'intolérance."

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"Mourir tranquillement"

C'est avec un regard lointain et plein de désolation que l'étudiante en médecine vétérinaire, Aminata Camara, explique qu'elle a peur pour sa famille au Mali.

"Les Maliens sont confrontés à beaucoup de choses, regrette-t-elle. Chaque jour, c'est un défi, côté carburant, mais aussi avec les attaques. Cela me déchire le cœur, vraiment. Vu que moi, ma maman, elle n'est pas de Bamako. Les gens qui vivent à Bamako sont beaucoup plus tranquilles par rapport à ceux qui vivent aux alentours. Je vis avec cette peur, en fait. On prie chaque jour pour qu'il y ait la stabilité dans notre pays. On vit déjà avec cette peur de ne pas les retrouver en vie. On meurt (tous), mais il faut mourir tranquillement aussi. Nous tous, on attend ce jour, en fait, mais dire qu'on t'a tiré une balle, on ne veut pas ça."

Etudiants ou non, les ressortissants maliens suivent ce qui se passent dans leur pays, y compris depuis le SénégalImage : Eddy Peters/Xinhua/imago images

Risques de fake news

Le secrétaire général de l'association Anka Ben Mayala, qui signifie vivre ensemble pour le bien-être de l'humanité, Ibrahim Kanté, déplore aussi la diffusion des fausses informations.

Selon lui, les Maliens doivent "être vigilants, parce qu'il y a aussi beaucoup d'informations qui circulent sur les réseaux sociaux et qui ne sont pas des sources fiables. Il va falloir que nous soyons vigilants par rapport à ces informations... C'est vrai, ça ne va pas. Dans tout le pays, il y a des défis à relever. Nous sommes face à nos problèmes et nous sommes en train de faire notre mieux pour que ça aille".

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La stabilité comme clef

Pour Mamady, la stabilité et le développement sont indissociables. Il estime qu'"on ne peut pas parler de développement dans un pays instable. Sans stabilité, il n'y a pas d'économie, sans économie, il n'y a pas de stabilité. Ceux qui n'ont pas d'emploi, ou qui n'ont pas de quoi manger, sont plus tentés aujourd'hui à être des bandits. Alors, s'il n'y a pas de développement, c'est comme ça. S'il n'y a pas de développement et qu'en plus, il n'y a pas de sécurité, vous perdez tout."

Malgré cette crise qui frappe leur pays, ces jeunes Maliens conservent en eux l'espoir que les choses iront mieux, dans un avenir proche.

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