Les marchés burundais, grands oubliés de l'urbanisation ?
5 août 2026
"Tout le marché a quasiment brûlé, il ne reste plus rien ! Partout où se trouvaient les articles de valeur, tout a été calciné. Si j'avais contracté une assurance, je serais indemnisé des pertes subies, et je n'aurais rien à craindre", raconte Jean-Bosco est l'un des sinistrés du récent incendie du marché de Ngozi, dans le nord du Burundi.
En moins de sept mois, cinq incendies majeurs ont frappé des marchés stratégiques à Bujumbura et en province. Ces incendies relancent les interrogations sur la prévention, la sécurité et la gestion des infrastructures marchandes. Gabriel Rufyiri s'est penché sur les causes de ces incendies à répétitions :
"Beaucoup de marchés et d'espaces commerciaux sont construits sans respecter les normes de construction, sans laisser d'allées pour les véhicules de lutte contre les incendies, et ne disposent pas d'équipements anti-incendie, comme des extincteurs."
Poumon commercial
Depuis janvier 2013, au moins douze marchés majeurs ont été ravagés par des incendies au Burundi, dont cinq au cours des sept derniers mois. Ces sinistres ont causé d'importantes pertes, fragilisant des milliers de commerçants, avec des répercussions bien au-delà des marchés touchés, sur un secteur vital pour l'économie nationale, selon l'économiste Faustin Ndikumana :
"Un marché fait vivre beaucoup de catégories de personnes. Et si l'on analyse cette fréquence d'incendies, on voit clairement qu'ils constituent une menace pour la sécurité civile, mais aussi pour l'économie, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur la perception des taxes et sur la survie des familles."
Recommandations
Pour prévenir ces incendies, les analystes recommandent des enquêtes indépendantes afin d'en établir les causes, ainsi que le renforcement des mesures de prévention, notamment la modernisation des installations électriques, l'installation d'équipements anti-incendie, des contrôles techniques réguliers et l'amélioration des mécanismes d'indemnisation des victimes.