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Les raisons du faible taux de participation en Guinée

1 juin 2026

Les Guinéens ne se sont pas déplacés en masse pour le double scrutin d'hier. A cela, il y a plusieurs raisons. Explications.

Guinea Conakry 2025 | Une électrice glisse son bulletin de vote dans une  urne pour la présidentielle de 2025 (archive)
Les Guinéens ne se sont pas mobilisés en masse pour aller voterImage : Patrick Meinhardt/AFP

En Guinée, la centralisation des votes se poursuit à travers le pays, au lendemain des élections législatives et communalestenues ce dimanche 31 mai. Si la Direction générale des élections n'a pas encore officialisé le taux de participation à ce double scrutin, le constat sur le terrain a révélé, hier, une faible mobilisation des électeurs, partout en Guinée.  

Plusieurs raisons pourraient expliquer ce phénomène. 

  • Exclusion de l'opposition

 

Il y a d'abord l'exclusion des principaux partis politiques du pays à ce double scrutin. Le Rassemblement du peuple de Guinée, de l'ancien président Alpha Condé, l'Union des forces républicaine, de l'ancien premier ministre Sidya Touré, et l'Union des Forces démocratique de Guinée, de l'opposant en exil Cellou Dalein Diallo, font partie des formations politiques dissoutes par les autorités en place, en mars 2026. 

Or, entre 2010 et 2020, ces trois partis ont totalisé plus de 80 % de l'électorat lors des différentes élections organisées en Guinée. Ce départ forcé de ceux qui animaient la vie politique guinéenne a laissé le champ libre à la Génération pour la modernité et le développement, dirigée par l'actuel président Mamadi Doumbouya et ses alliés.  

  • L'appel au boycott

La deuxième raison serait l'appel au boycott électoral lancé par les Forces vives de Guinée, qui regroupent bon nombre de ces partis dissous et plusieurs ONG et organisations de la société civile. 

Souleymane Souza Konaté, membre des Forces vives de Guinée, s'en félicite d'ailleurs. 

« Sur l'ensemble du territoire, les lecteurs ont déserté les urnes, affirme-t-il. Ce désaveu inflige un revers au régime, lui adressant un message sans équivoque. Le peuple rejette cette imposture électorale et réitère sa confiance aux leaders politiques et sociaux contraints à l'exil, ainsi qu'aux partis arbitrairement dissous ». 

L'opposition avait appelé au boycott des scrutinsImage : Patrick Meinhardt/AFP
  • La surcharge électorale lasse les électeurs

En moins d'un an, la Guinée a organisé trois élections : le référendum constitutionnel en septembre 2025, la présidentielle en décembre 2025 et ce double scrutin, législatives et communales, du 31 mai. 

Une autre raison, non des moindres, est la crise de confiance démocratique dans le pays, comme en témoigne ce Guinéen, Boubacar Siddy Barry. 

« J'ai jugé nécessaire d'abandonner pour le moment, de m'abstenir de voter, parce que je ne vois pas du tout de la transparence dans les élections qu'on est en train d'organiser en Guinée. C'est plutôt un semblant d'élection ». 

  • La date choisie par les autorités

La Guinée est un pays qui compte plus de 80 % de musulmans. 

Le double scrutin s'étant tenu quatre jours après la fête de Tabaski, célébrée le 27 mai dernier, il s'agirait d'un facteur de démobilisation électorale, car, on le sait, en cette période, les fidèles rallient massivement leur préfecture d'origine, laissant ainsi la capitale et les grandes villes quasiment vides, alors que chaque électeur est censé voter dans la circonscription où il s'est fait recenser.

Enfin, il faut savoir qu'au même moment, près de 10 000 pèlerins guinéens effectuent leur pèlerinage à la Mecque. Et tous ont été, de facto, dans l'impossibilité de voter pour ce double scrutin.

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