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Les rebelles ADF étendent leur emprise dans l'est de la RDC

10 septembre 2025

Selon le dernier bilan de la société civile, l'attaque du village de Ntoyo, dans l'est de la RDC, dans la nuit de lundi à mardi, a fait au moins 72 morts.

Des soldats FARDC après des combats contre les rebelles ADF
Malgré le déploiement de l'armée ougandaise (UPDF) aux côtés des forces armées congolaises (FARDC), les ADF ont tué des milliers de civils et multiplient les pillages et meurtres dans l'est congolaisImage : Reuters/G. Tomsaevic

Les attaques des rebelles des Forces démocratiques alliées, les ADF, sont toujours aussi effrayantes dans l'est de la République démocratique du Congo. Ce groupe armé, d'origine ougandaise, s'est enraciné sur le sol congolais et continue de semer la terreur dans les villages et sur les routes. 

Qui sont-ils vraiment ? Quels sont leurs objectifs ? Et les opérations conjointes "Shujaa”, entre les armées congolaise et ougandaise, ont-elles obtenu des résultats contre ces rebelles ? 

Pour en parler, nous recevons Onesphore Sematumba, spécialiste de la région des Grands lacs à l'International Crisis Group

Retranscription de l'interview

"Les ADF, ce ne sont pas que des jeunes terroristes armés de kalachnikovs" (Onesphore Sematumba)

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Onesphore Sematumba : C'est un groupe rebelle ougandais bien enraciné maintenant dans l'Est congolais et qui - et ça c'est très important - est affilié à l'État islamique. Donc son idéologie c'est l'islamisme radical.

DW : Et quels sont les objectifs des ADF dans l'est de la RDC ? S'agit il seulement de motifs idéologiques, économiques ou un mélange des deux ?

Onesphore Sematumba : Bien sûr qu'il y a une part d'idéologie. Mais il est quand même frappant de constater qu'il y a très peu de prosélytisme dans leurs actions. Ils ne sont pas en train d'embrigader les gens pour qu'ils embrassent la religion islamique.

On a déjà aussi établi qu'il y a des liens très, très forts entre les ADF et une certaine activité des réseaux criminels, notamment dans le trafic. Donc les ADF, ce ne sont pas que des jeunes terroristes qui se baladent avec des kalachnikovs.

DW : Quelles sont les raisons derrière la recrudescence des attaques de ces derniers mois ? Y a-t-il des facteurs internes au groupe ou des opportunités liées à la situation sécuritaire locale ?

Onesphore Sematumba : Bon, d'abord il faut relativiser : c'est pas aujourd'hui qu'ils ont commencé. On connaît tout ce qu'ils ont fait dans le territoire de Beni mais le fait nouveau aujourd'hui, c'est cette expansion, notamment vers le sud de Lubéro d'une part et d'autre part vers la province voisine au Nord, donc la province de l'Ituri.

DW : Quel bilan peut-on tirer des opérations conjointes "Shujaa" menées par les FARDC - l'armée congolaise - et l'UPDF - l'armée ougandaise - jusqu'ici ? Ont-elles permis de contenir la menace ou la menace s'est-elle seulement déplacée ?

Onesphore Sematumba : les effets des opérations "Shujaa" plutôt que de limiter ou d'arrêter l'activisme des  ADF et bien ces opérations ont juste poussé les ADF plus profondément dans les communautés et dans les forêts congolaises.

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