Les soutiens africains de Macky Sall
24 juillet 2026
Le projet de Macky Sall, l'ex-président du Sénégal, de briguer le poste de secrétaire général de l'ONU ne cesse d'alimenter les discussions. Adrien Poussou, ex-ministre centrafricain de la Communication, a tenu une conférence de presse à Cotonou focalisée sur les implications de cette élection.
Adrien Poussou, le président du conseil exécutif du Groupe alternatif pour le renouveau africain (GARA), apporte son soutien à Macky Sall au nom du respect de certaines valeurs africaines.
Selon lui, "dans toutes les traditions africaines, dans toutes nos cultures, on porte secours à un frère en difficulté. Quels que soient les griefs qu'on peut faire à ce frère-là, on lui apporte d'abord son soutien et ensuite on parle de ses responsabilités. Et c'est la démarche du Groupe alternatif pour le renouveau africain. Il faut qu'on soit cohérent avec nous-mêmes. On ne peut pas pendant des décennies dire qu'il faut que la voix de l'Afrique porte. Il faut que l'Afrique puisse avoir un siège permanent au Conseil de sécurité et un certain nombre de choses. Et puis, lorsqu'un Africain est candidat au poste de secrétaire général des Nations unies, on ne le soutient pas…"
Les arguments de Macky Sall
L'ancien président a mis en avant son expérience politique et diplomatique, mettant notamment l'accent sur ses douze années à la tête du Sénégal (2012-2024). Sans oublier son expérience à la présidence de l’Union africaine.
Élu, Macky Sall a promis de moderniser les méthodes de travail de l’organisation. Il estime que l’ONU doit s’adapter aux défis contemporains, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique. Cependant, certains observateurs estiment que la candidature de Macky a été annoncée tardivement. Un avis que ne partage pas le consultant international Tidiane Dioh.
"Les candidatures des quatre prétendants actuels sont arrivées à peu près au même moment, et depuis lors, il a eu l'occasion de parcourir le monde et de rencontrer tous les acteurs pertinents et décisifs pour cette élection. « Une fois que le Sénégal a endossé cette candidature, je crois que cela vient encore plus donner du tonus et de la vigueur à cette campagne du président Macky Sall."
Pape Ibrahima Kane, chercheur sénégalais, spécialiste des questions régionales en Afrique, estime, lui, que Macky Sall ne dispose pas de l’autorité morale nécessaire pour assumer les fonctions de secrétaire général de l'ONU. Il cite notamment la répression violente des manifestations sous sa présidence.
Grand oral des candidats
Les six candidats au poste de secrétaire général de l'ONU étaient jeudi côte à côte dans la très symbolique salle de l'Assemblée générale pour défendre leur vision, une semaine avant le début formel du processus de sélection crucial pour une organisation en pleine crise.
Alors que la campagne sans clair favori peine à provoquer un véritable enthousiasme, la Chilienne Michelle Bachelet, l'Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan, la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall répondent pendant 90 minutes aux questions des diplomates, employés de l'ONU et représentants de la société civile lors de cet événement diffusé par Bloomberg.
Première question lancée par Romaine Bostick, un des deux journalistes modérant cette discussion : "Qu'est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour être secrétaire général ?"
Les candidats disposaient de deux minutes chacun pour répondre.
"Cette discussion publique (...) offrira une rare occasion de découvrir les idées, les priorités et la vision des candidats à l'un des postes les plus importants au monde", s'était félicité avant la séance la présidente de l'Assemblée générale, .